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DanseDanse: Teac Damsa
01-10-2026

Soufflé!

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DanseDanse ouvrait sa 29e saison hier soir au Théâtre Maisonneuve, et j’ai été soufflé par le spectacle MÁM de la compagnie irlandaise Teaċ Daṁsa (Maison de la danse en gaélique irlandais), dont c’est la première visite au Québec.

Du jamais vu pour moi, à ranger parmi mes meilleurs spectacles de danse à vie, oserais-je dire.

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Au début, on peut penser à Jean-Pierre Perreault (Joe) en raison de la podorythmie, des danseurs vêtus de robes et d’habits noirs et chaussés de souliers noirs. On passe cependant vite à une manière de bouger très singulière, très associée à la culture irlandaise.

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C’est comme Riverdance (grande production qui a révélé la culture irlandaise au monde entier en 1995) mais passé dans le tordeur!

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J’imagine que les 12 danseurs de la troupe sortent de cette prestation lessivés tant le chorégraphe Michael Keegan-Dolan déconstruit la tradition, en leur demandant d’aller au bout d’eux même.

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Le chorégraphe s’est inspiré de la péninsule de Dingle (le point le plus à l'ouest de l’Irlande), qu’il connaît bien, pour créer son spectacle.

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MÁM est un mot irlandais qui signifie col de montagne– un lieu de passage, de rencontre, d’échange.

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Ce qu’on voit sur scène évoque, en tout cas pour moi, les soirées de mariages, d’enterrements, les fêtes typiques des villages d’antan, j’y ai même vu les fameuses guerres de clochers entre villages, et la Grande Famine qui a tué tant d’Irlandais.

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Ces tableaux ressemblent beaucoup à nos reels, gigues, et set carrés, mais en Irlande, on appelle ça du Step Dancing, du Céilí Dancing, ou du Set Dancing, et ça se danse jusqu’à l’épuisement au son d’un cortina (la version anglaise de l’accordéon).

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Le musicien Cormac Begley est un virtuose de cet instrument à soufflet.

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Il m’a fait danser sur ma chaise et taper du pied dès les premières minutes.

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Après plusieurs chorégraphies à assurer seul la musique, le rideau tombe (ce n’est pas une métaphore), et voilà que Cormac Begley se retrouve entouré de six musiciens (violon, clarinette, piano, contrebasse, guitare et batterie) qui cassent la baraque avec leur accompagnement proche du free jazz (leur beat irrésistible m’a fait penser à Angine de Poitrine).

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Musique contemporaine pour une danse contemporaine.

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Je n’ai pas les mots pour décrire les jeux de pieds, les déhanchements, les corps secoués, les ports de bras emphatiques, les sauts, slides, drops, falls-and-recoveries qui font partie de la gestuelle du chorégraphe.

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Le Break Dance le dispute à la danse folklorique, mais ça peut aussi emprunter au flamenco, au slow ou au tango. Il y a même un moment derviche tourneur …étourdissant!

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En tout cas, chaque minute de ce spectacle est captivante.

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J’ai même pris, en prime, du plaisir à voir chez certains danseurs des ressemblances avec des personnalités québécoises.

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Le premier qui m’a époustouflé par son agilité avait l’allure juvénile androgyne d’Hubert Lenoir. Avec son gabarit plus enveloppé qui lui faisait accomplir les mouvements différemment des autres, un des membres de la troupe a évoqué chez moi le ministre Ian Lafrenière. Et, j’ai vu les traits d’une Catherine Pogonat chez la plus élancée des danseuses qui portait évidemment les cheveux longs avec une petite frange au front.

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Ce spectacle dure seulement 80 minutes.

Mais il est plein comme un œuf, et rassasie complètement l’amateur de danse.

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Teaċ Daṁsa donne MÁM à Montréal jusqu’à dimanche (4 octobre).

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