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Chantal Lamarre, steppettes et cornemuse
13-03-2026

‘’Lancia spaghettis, et macaronis, plus de quarante variétés, comme en Italie, et pour une saveur exquise la sauce Bravo n’a pas d’égale, Lancia, dans le paquet bleu et blanc, Lancia, hum, quel régal.’’

J’ai transcrit cette ritournelle de mémoire!

Ça vous rappelle le bon vieux temps?

Moi itou!

J’ai réentendu ça, et revécu bien d’autres souvenirs, hier au spectacle de Chantal Lamarre.

Son cabaret Steppettes et cornemuse a quelque chose d’emprunté au marché aux puces. Beaucoup de vieilles affaires ressassées. Du vintage comme de la breloque. Des bijoux brillants comme des miroirs sans tain.

Vous la connaissez si vous la suivez depuis 20 ans à Infoman, la journaliste-humoriste, à moins que ce soit une comédienne-historienne (elle brouille joyeusement les pistes), aime fouiller dans les archives, et nous mettre le nez dans nos travers d’antan, qui n’en demeurent pas moins de bons souvenirs. Ce qu’on appelle le bon vieux temps.

Mercredi 11 mars, soir de verglas, la petite grippette de LaPrairie devait faire sa rentrée montréalaise à L’Outremont (ma chère!), mais la première a été annulée (reportée au 30 avril).

Je suis chanceux, ma blonde avait acheté, en septembre, nos billets pour la soirée du 12 mars (les patins auraient aussi été de mise pour se déplacer sur les trottoirs d’Outremont jeudi soir).

Au moment de l’achat de nos ‘’tiquettes’’, la ‘’cabaret-girl-wanna-be’’ commençait son rodage. Je le précise parce que les dizaines de représentations qu’elle a derrière le tutu nous ont donné droit à un show hyper rodé (mis en scène par François Chénier).

La sexagénaire aux cheveux rouge nous mitraille à un rythme d’enfer ses gags, souvenirs et steppettes (oui oui elle danse sous la supervision de Chantal Dauphinois).

De 8 heures tapantes à 10 heures moins quart!

Une heure trois quart à faire sortir de son placard des souvenirs personnels à elle que le public dans la salle partage parce qu’on fait majoritairement partie de sa génération qu’elle appelle ‘’les devenus vieux’’.

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Par exemple, on se souvient ensemble, le sourire étampé dan’ face, d’émissions de télévision qu’on regardait religieusement, d’expressions truculentes qui ponctuaient les conversations, de personnalités marquantes à l’époque aujourd’hui oubliées (Alban Flamand, Françoise Gaudet-Smet, Huguette Proulx, Réal Giguère illimité), de jokes triviales (elle nous ressort la mère à Rolland de Gilles Pellerin).

Elle nous bricole même (c’est une habitude chez elle) un irrésistible karaoké. Tout le monde connaît sa playlist de 1972, des chansons qui ont comme dénominateur commun d’avoir le mot oiseau dans leurs textes (apparemment c’était dans l’air du temps).

Alors la salle ne se fait pas prier pour chanter celles de la Compagnie Créole, de René Simard, de Michel Fugain, etc….

 

Oui madame! le bon vieux temps où on était insouciant, pas dégenré, pas soumis à la rectitude politique.

Mais tut tut tut, Chantal Lamarre, alias Gert Galipeau, n’est pas sotte, ni complètement passéiste.

Elle ramène constamment son pendule à l’heure en utilisant une méthode chère aux humoristes: prendre un spectateur comme faire-valoir.

Dans son cas, ce sera Julie et Tristan, couple trentenaire assis dans la première rangée.

Pour les inclure, elle leur donne des références pour qu’ils comprennent de quoi elle cause, et se faisant leur concède que sa jeunesse (la nôtre) s’est beaucoup passée en ‘’mononkistan’’, et que les femmes ont beaucoup pâti à cette époque pas si bénie finalement. Lamarre est résolument féministe.

N’empêche, ça fait tellement de bien de se faire parler -sans filtre- de ce temps que les moins de 20 ans (and over!) ne peuvent pas connaître.

Et notre hôtesse de terminer son spectacle sur une note un peu plus grave: comment préparer sa fin? Son grand départ?

Enterrement, incinération, aquamation, empaillage…c’est l’occasion d’avoir une pensée écologique, et de terminer avec une chanson écrite avec sa best Sylvie Dumontier (avec qui elle forme le fameux duo les Galipeau’s) sur une musique de Denis Larochelle, ancien accompagnateur de Clémence.

Ah tiens, il y a en effet un peu de Clémence dans ce Steppettes et cornemuse, c’est-à-dire un humour multiforme, de caustique à poétique, avec une dose bienvenue d’autodérision.

Une influence du bon vieux temps!

J’ai tellement embarqué dans la proposition qui m’a été offerte, que j’en ai oublié de prendre une photo de son salut ému à la fin du spectacle. C’est bon signe!

Merci à la PR Sophie Marsolais pour la photo de Carl Lessard.

PS

Avant le spectacle, on a droit à un quiz pour tester nos connaissances du bon vieux temps.

Après, on peut acheter de la merch notamment une casquette arborant les lettres FPF, je laisse Chantal vous dire en spectacle ce qu’elles signifient.

photo: Carl Lessard

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