
photo: Pierre Dury
Compte d'hiver: au coeur du froid au Musée des beaux-arts du Canada
11-02-2026

On a un vrai hiver cette année.
Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) ne pouvait pas tomber plus pile avec sa grande exposition consacrée à la représentation de la saison froide dans les arts visuels.
C’est par un samedi matin où il faisait -20 que j’ai traversé le pont Interprovincial, de Hull à Ottawa, pour aller voir Compte d’hiver: au cœur du froid!
Le MBAC aurait pu faire une petite exposition en puisant seulement dans sa collection, mais le sujet était si emballant qu’on a décidé d’en faire une grande célébration de l’hiver, cette saison qui nous distingue des autres pays.
Il y a au total 164 œuvres à voir, dont 48 proviennent de la collection du Musée, parmi lesquelles des acquisitions récentes dont certaines n’ont encore jamais été exposées.
De la collection permanente, on retrouve, par exemple ‘’Neige dorée’’ d’Ozias Leduc achetée il y a 110 ans, ou ‘’La Visite’’ de Jean-Paul Lemieux, tableau acquis en 1967.
On a aussi droit à des acquisitions récentes, dont plusieurs sont autochtones comme le ‘’Kolus surnaturel’’ de Beau Dick qui a intégré la collection en 2015, et qui ouvre le parcours.
Comme l’exposition couvre l’Amérique du Nord, l’Europe et les régions circumpolaires de l’hémisphère nord, dont le Groenland, la Norvège, la Suède et la Finlande, la commissaire Katerina Atanassova a sollicité la collaboration de plusieurs grandes institutions (l’Art Institute of Chicago, le Museum of Modern Art de New York, le musée d’Orsay à Paris, le Städel Museum de Francfort, la National Gallery de Londres et le Statens Museum for Kunst de Copenhague), et de collectionneurs privés.
Résultat, on voit des choses rares, ou même jamais vues.
Si on connaît les maîtres de l’impressionnisme, comme Claude Monet, et Camille Pissarro dont on peut voir des tableaux enneigés, on découvre notamment le Danois Harrald Viggo Moltke qui peignait des aurores boréales en Islande en 1899-1900, et le Finlandais Victor Westerholm qui s’est intéressé à la chasse aux phoques à la même époque.
Ces représentations du passé côtoient des visions très contemporaines, comme ‘’Particules chargées en mouvement’’ (2007) de l’artiste cri Kent Monkman.
Dans les thèmes abordés par l’exposition, il y a entre autres ceux de la survie, et de l’adaptation. Cela est un prétexte pour présenter des vêtements notamment confectionnés avec des peaux d’animaux nordiques.
D’ailleurs le mot ‘’compte’’ qu’on retrouve dans le titre de l’exposition fait référence à ces peaux que les autochtones utilisaient pour raconter leurs hivers, pour faire ‘’leur compte’’ d’hiver.
Quelques spécimens sont présentés.
Moi qui adore les scènes d’hiver en peinture, j’en ai eu plein les yeux.
Permettez-moi d’énumérer quelques unes de mes œuvres favorites:
-‘’Parc Lafontaine en hiver’’ (1934) d’Adrien Hébert
-‘’Bénédiction des érables’’ (1915) de Suzor-Côté
-‘’Patineuse’’ (1964) d’Alex Colville
-‘’Jardin du séminaire Saint-Sulpice’’ (1930) de Ethel Seath
-‘’La traversée du fleuve gelé avec la poste royale, Québec’’ (v.1862) de Cornélius Krieghoff
-‘’Maison rouge en hiver’’ (1925), de Lawren S. Harris
Compte d’hiver: au cœur du froid est à l’affiche jusqu’au 22 mars, aussi bien dire jusqu’à l’arrivée officielle du printemps.
Une très grande exposition à ne pas manquer, qui fait apprécier l’hiver, car elle parle de nous les Nordiques d’autrefois, mais aussi d’ici et de maintenant.






















