
photo: Pierre Dury
YOUTH, un bain de jouvence
28-12-15
Deux ans après La Grande Bellezza (Oscar du meilleur film en langue étrangère 2014), nous avons de nouveau rendez-vous avec le cinéma de Paolo Sorrentino. Et c’est encore un ravissement, une expérience cinématographique de laquelle on sort requinqués. A cause de la beauté des plans et des images, de la musique, du duo d’acteurs fabuleux, de l’esprit.
Youth nous transporte dans une station thermale perchée à flanc de montagne dans les Alpes suisses. Presque tout le film se passe dans ce lieu magnifique, isolé du reste du monde. Parmi la clientèle bigarrée de cet hôtel de cures, nous nous attachons à deux amis octogénaires à l’heure des bilans. Michael Caine incarne un chef d’orchestre qui a rompu avec son métier et Harvey Keitel prend les traits d’un réalisateur obsédé par son dernier film.
Ce canevas de base est un prétexte pour parler de la vieillesse, de ce qu’on lègue en fin de vie, de la sagesse qui n’occulte pas les souvenirs de la jeunesse, du progrès qui n’est pas toujours synonyme d’évolution.
En contrepoint de ces réflexions philosophiques, Sorrentino offre le contraste de points de vue extérieurs qu’expriment les clients et les employés de l’hôtel par leurs agissements singuliers. Par exemple une Miss Univers qui surprend par sa répartie, un ex-sportif de haut niveau devenu obèse, un acteur qui se questionne sur son prochain rôle. Le réalisateur appelle ça des ‘’figures de poésie’’. Lorsque Jane Fonda apparaît ça devient une pièce d’anthologie. En passant, ce film ne manque pas d’humour.
Avec son écriture libre, en dehors des carcans actuels du 7e art, Sorrentino ramène le cinéma à sa fonction originelle : créer du rêve, de la beauté et de la réflexion.
Youth, deux heures de bonheur, un bain de jouvence.
Une entrevue inédite avec Jean Paul Riopelle a fait son apparition le jour de l’inauguration de l’Espace Riopelle à Québec.
Et il s’avère que c’est l’entretien que j’avais eu avec lui le vendredi 11 octobre 1991 au Bateau ivre de L’Isle-aux-Grues.
Je croyais cette entrevue disparue à jamais, car les Archives de Radio-Canada ne l’avait ni dans ses voûtes, ni dans son système d’archives numérisées.
Et pour cause, c’est moi qui l’avait en ma possession sans le savoir!
C’est en fouillant dans mes archives personnelles, en prévision du 25e anniversaire des Attentats du 11-Septembre, que j’ai retrouvé la cassette Betacam de ce tournage.
J’ai évidemment remis cette précieuse entrevue au service des archives de Radio-Canada qui l’a mise en ligne sur ses différentes plateformes.
Ce n’est pas un moment flamboyant de télévision comme ont été les entrevues de Raymond Saint-Pierre en 1994, celle de Robert-Guy Scully en 1990 ou encore celle de Wilfrid Lemoine en 1968 à l’émission Le Sel de la semaine (qu’on peut revoir intégralement à l’Espace Riopelle).
Dans mon cas, nous avons tourné à une seule caméra, et on ne me voit pas poser les questions, car selon la description syndicale de mon poste de chroniqueur de l’époque, je ne pouvais être vu à l’écran posant des questions. Il n’y avait que les employés permanents du service de l’information ou les animateurs vedettes qui avaient ce droit.
N’empêche, ma réalisatrice de l’époque, Denise Tardif, avait convaincu nos supérieurs qu’on se déplace avec une équipe complète.
En plus d’elle et moi qui étions du voyage, il y avait Pierre Maheux à la caméra, Marc Doiron au son, et l’assistante à la réalisation Guylaine Philie.
Le rendez-vous avec Riopelle avait été pris avec sa femme Huguette Vachon. C’est Stéphane Aquin, actuel directeur général du Musée des beaux-arts de Montréal, qui m’avait mis en contact avec elle.
À l’époque, Stéphane Aquin collaborait à l’inauguration du pavillon Jean-Noël Desmarais du MBAM qui ouvrait ses portes avec une grande exposition Riopelle mettant en vedette ses tableaux récents, sa nouvelle période des oies.
Le nouvel édifice du Musée des beaux-arts de Montréal, signé Moshe Safdie, est inauguré le 21 novembre 1991.
Il a été rendu possible grâce au mécène de l’heure, Paul Desmarais, qui choisit de donner le nom de son père au pavillon.
35 ans plus tard, c’est au tour de Québec de célébrer l’œuvre de Jean Paul Riopelle dans espace pérenne qui lui est totalement consacré.