YOUTH, un bain de jouvence

28-12-15

 

Deux ans après La Grande Bellezza (Oscar du meilleur film en langue étrangère 2014), nous avons de nouveau rendez-vous avec le cinéma de Paolo Sorrentino. Et c’est encore un ravissement, une expérience cinématographique de laquelle on sort requinqués. A cause de la beauté des plans et des images, de la musique, du duo d’acteurs fabuleux, de l’esprit.

 

Youth nous transporte dans une station thermale perchée à flanc de montagne dans les Alpes suisses. Presque tout le film se passe dans ce lieu magnifique, isolé du reste du monde. Parmi la clientèle bigarrée de cet hôtel de cures, nous nous attachons à deux amis octogénaires à l’heure des bilans. Michael Caine incarne un chef d’orchestre qui a rompu avec son métier et Harvey Keitel prend les traits d’un réalisateur obsédé par son dernier film.

 

Ce canevas de base est un prétexte pour parler de la vieillesse, de ce qu’on lègue en fin de vie, de la sagesse qui n’occulte pas les souvenirs de la jeunesse, du progrès qui n’est pas toujours synonyme d’évolution.

 

En contrepoint de ces réflexions philosophiques, Sorrentino offre le contraste de points de vue extérieurs qu’expriment les clients et les employés de l’hôtel par leurs agissements singuliers. Par exemple une Miss Univers qui surprend par sa répartie, un ex-sportif de haut niveau devenu obèse, un acteur qui se questionne sur son prochain rôle. Le réalisateur appelle ça des ‘’figures de poésie’’. Lorsque Jane Fonda apparaît ça devient une pièce d’anthologie. En passant, ce film ne manque pas d’humour.

 

Avec son écriture libre, en dehors des carcans actuels du 7e art, Sorrentino ramène le cinéma à sa fonction originelle : créer du rêve, de la beauté et de la réflexion.

 

Youth, deux heures de bonheur, un bain de jouvence.