Le cirque: cet art plein de surprises

10-07-16

photo: Cirque Aïtal

Un gars en bobette et bas blancs qui saute, les bras en croix, sur une fille les jambes ouvertes, l’image ne m’attirait pas trop. D’autant que le spectacle s’appelle Pour le meilleur et pour le pire.

 

Je craignais en fait le pire. Mais quelle surprise j’ai eue, une fois assis dans le petit chapiteau du Cirque Aïtal dressé sur les terrains de la Tohu pour la durée du festival Montréal Complètement Cirque.

 

Le gars en question est un homme fort et la fille, sa blonde, une petite bombe qui virevolte au bout de ses bras. Le couple arrive sur la piste en Simca 1000, une voiture française née au début des années 60 et dont on a cessé la production en 1978. Dans ce spectacle, c’est le troisième personnage. La Simca rouge est aussi vivante que la Coccinelle des films de Disney.

 

La première scène est un numéro comique. Le couple nous sert un ballet de portières de voiture qui s’ouvrent et se ferment entraînant le changement des postes radio. S’en suit une série de figures acrobatiques avec l’antenne de l’auto qui ressemble à une lutte pour avoir le contrôle des ondes.

 

Côté acrobatique, le spectacle est bâti autour de numéros de main à main, d’équilibre, de trapèze, de danse. Par exemple, notre homme fort soulèvera la petite voiture pour en extraire un long tuyau d’échappement qui deviendra l’accessoire au bout duquel sa partenaire se tiendra en équilibre.

 

À un autre moment, c’est le siège de l’auto qui se transforme pour permettre un numéro d’antipodisme. Et que dire de ce numéro aérien dans lequel la voltigeuse vole au-dessus de nos têtes, accrochée à une échelle d’acrobate que M. Muscle, perché au sommet du chapiteau, fait balancer au bout de ses bras.

 

Dans l’intimité de leur petite tente rouge, on ressent très intensément le danger, l’effort, la force, l’agilité et aussi les sentiments d’un couple qui passe par la gamme des émotions que suggère le titre du spectacle Pour le meilleur et pour le pire.

 

Vraiment une belle découverte.

À voir … pour le meilleur.

 

Jeudi soir 7 juillet, c’était aussi la première mondiale du nouveau spectacle de Flip FabriQue, compagnie de Québec qui a vraiment fait bonne impression avec sa première création Attrape-moi qui a été très courue en Europe et en Amérique.

 

Transit est de la même étoffe, c’est-à- dire bondissant, joyeux et périlleux. Même plus risqué.

 

Pour ajouter du piquant à un de ses deux numéros de hula hoop, Jade Dussault s’exécute du haut d’un socle qui lui laisse bien peu d’espace pour se maintenir en équilibre.

 

Le trampoline est de retour, mais pour un gros numéro de trempo-mur qui suit le rythme frénétique de l’excellente pièce TKO de Misteur Valaire.

 

Autre genre de risque : Flip FabriQue propose un numéro avec deux jongleurs qui recréent un effet miroir.  Pour que ça fonctionne, cela demande une adresse commune aux deux artistes ce qui n’était pas le cas en ce soir d’ouverture de Montréal complètement cirque devant le gratin. Beaucoup de balles échappées! Même chose avec les diabolos qui n’atterrissaient pas toujours sur les fils. Le rodage viendra avec le temps.

 

Cependant pour ce qui est de la mise en scène, il y a encore du travail à faire pour élaguer dans les blagues qui ne fonctionnent pas, le sentiment de répétition qui se dégage de l’ensemble et pour atteindre une utilisation plus efficace de la vidéo et du décor.

 

Tout est là mais on est encore entre deux, en transit vers ce sens du timing qui a fait la réputation de Flip FabriQue.

photo: Flip FabriQue