
photo: Pierre Dury
Daniel Bélanger à Paris
18-04-15

Après le spectacle, Daniel Bélanger me disait être ravi de la tournure des événements, se présenter en solo étant un exercice moins facile qu’il ne peut en avoir l’air. Pour lui c’est comme un nouveau commencement et il espère revenir souvent. Véronique Croisile, qui gère la carrière de Bélanger en France, m’a confié que son protégé travaille son prochain disque en pensant au public européen. Les Québécois qui ont eu l’exclusivité de leur chouchou devront désormais le partager avec les Français.
AUX TROIS BAUDETS
Belle idée de Daniel Bélanger de commencer sa carrière parisienne Aux Trois Baudets. C’est dans cette salle créée par Jacques Canetti à la fin des années 40 que Félix Leclerc a été découvert par les Français. En entendant les accords de guitare de Bélanger, on ne pouvait s’empêcher à un autre maître du genre, Georges Brassens qui est un des fantômes de cette salle de Pigalle récemment rénovée.

Grand événement dans une petite salle. Notre Daniel Bélanger ''national'' qui fait ses débuts à Paris. Il a joué la carte de la simplicité pour cette première : guitare, voix. Après tout, ses chansons, et on s’en rend compte vite, n’ont pas besoin d’artifices pour faire mouche. Interprétés dans leur plus simple appareil, les succès de Bélanger révèlent leurs qualités fondamentales : des airs imparables et des textes d’une grande beauté mélancolique servis par cette voix unique qui avait toute la place pour se faire valoir.
Le spectacle n’était pas composé des chansons de son plus récent Chic de ville mais de plus de 25 ans de répertoire. Il a enfilé les unes après les autres Te quitter, Le Parapluie, Tu Peux partir, Sortez-moi de moi, Dans un spoutnik, Sèche tes pleurs, Opium….
À part Ensorcelée qui a été complètement réarrangée, toutes étaient comme dans nos souvenirs. On ne pouvait pas…. rêver mieux.
Moi qui lui ai souvent reproché de parler trop, j’aurais pris un peu plus de ses présentations mâtinées d’humour absurde.

On ne vous cachera pas qu’il y avait beaucoup de Québécois pour assister à ce triomphe parisien. Il y avait notamment Claude Charron, toujours aussi heureux à Paris, Philippe Lapointe, le nouveau patron de la chaîne AMI Français, le producteur québécois installé à Paris Didier Morissonneau, la chanteuse Amélie Veille qui travaille à un nouveau disque avec les paroliers de Bashung et Patricia Kaas, Boris Bergman et François Bernheim. Il y avait aussi le couple franco-québécois de l’heure Guilhem Valayé et Nathalie Lesage. Lui c’est le concurrent de l’équipe Zazie aux finales de l’émission The Voice et elle c’est sa femme, celle qui l’a convaincu de s’embarquer dans cette galère qui l’a mené à la demi-finale qui sera présenté ce soir samedi 18 avril.

Guilhem Valayé et Nathalie Lesage
Une entrevue inédite avec Jean Paul Riopelle a fait son apparition le jour de l’inauguration de l’Espace Riopelle à Québec.
Et il s’avère que c’est l’entretien que j’avais eu avec lui le vendredi 11 octobre 1991 au Bateau ivre de L’Isle-aux-Grues.
Je croyais cette entrevue disparue à jamais, car les Archives de Radio-Canada ne l’avait ni dans ses voûtes, ni dans son système d’archives numérisées.
Et pour cause, c’est moi qui l’avait en ma possession sans le savoir!
C’est en fouillant dans mes archives personnelles, en prévision du 25e anniversaire des Attentats du 11-Septembre, que j’ai retrouvé la cassette Betacam de ce tournage.
J’ai évidemment remis cette précieuse entrevue au service des archives de Radio-Canada qui l’a mise en ligne sur ses différentes plateformes.
Ce n’est pas un moment flamboyant de télévision comme ont été les entrevues de Raymond Saint-Pierre en 1994, celle de Robert-Guy Scully en 1990 ou encore celle de Wilfrid Lemoine en 1968 à l’émission Le Sel de la semaine (qu’on peut revoir intégralement à l’Espace Riopelle).
Dans mon cas, nous avons tourné à une seule caméra, et on ne me voit pas poser les questions, car selon la description syndicale de mon poste de chroniqueur de l’époque, je ne pouvais être vu à l’écran posant des questions. Il n’y avait que les employés permanents du service de l’information ou les animateurs vedettes qui avaient ce droit.
N’empêche, ma réalisatrice de l’époque, Denise Tardif, avait convaincu nos supérieurs qu’on se déplace avec une équipe complète.
En plus d’elle et moi qui étions du voyage, il y avait Pierre Maheux à la caméra, Marc Doiron au son, et l’assistante à la réalisation Guylaine Philie.
Le rendez-vous avec Riopelle avait été pris avec sa femme Huguette Vachon. C’est Stéphane Aquin, actuel directeur général du Musée des beaux-arts de Montréal, qui m’avait mis en contact avec elle.
À l’époque, Stéphane Aquin collaborait à l’inauguration du pavillon Jean-Noël Desmarais du MBAM qui ouvrait ses portes avec une grande exposition Riopelle mettant en vedette ses tableaux récents, sa nouvelle période des oies.
Le nouvel édifice du Musée des beaux-arts de Montréal, signé Moshe Safdie, est inauguré le 21 novembre 1991.
Il a été rendu possible grâce au mécène de l’heure, Paul Desmarais, qui choisit de donner le nom de son père au pavillon.
35 ans plus tard, c’est au tour de Québec de célébrer l’œuvre de Jean Paul Riopelle dans espace pérenne qui lui est totalement consacré.