MILLE BATAILLES de Louise Lecavalier

02-06-16

Mille batailles © André Cornellier

Subjugué. Captivé. Ébloui.

 

Louise Lecavalier m’a fait tout un effet avec son nouveau spectacle Mille Batailles présenté au Festival Trans-Amérique. Cette danseuse est au sommet de son art et à son deuxième essai comme chorégraphe, elle se révèle prodigieusement créative.

 

Alors que So Blue était tout en lenteur, ce spectacle-ci est en vitesse et en fulgurance. Dans les trois premiers tableaux, Louise Lecavalier danse en solo. Notre regard ne doit pas la lâcher une seconde pour apprécier chaque mouvement qu’elle découpe à la perfection, résultat de 40 ans de métier.

 

Arrive ensuite un partenaire, Robert Abudo, avec lequel elle bouscule l’archétype du duo en

danse. Lors de la période de questions qui a suivi la représentation, Louise Lecavalier a expliqué qu’elle a voulu rompre avec le sempiternel duo basé sur la séduction. On se retrouve donc avec une paire dépareillée sur scène comme si c’était Robinson Crusoé et son Vendredi pour reprendre un exemple de la chorégraphe. C’est très cruel pour Abudo qui doit jouer l’indolent à côté de la battante, mais c’est de cette audace chorégraphique que jaillit l’émotion de ce spectacle.

 

Moi j’y ai vu que la vie est un combat et qu’on n'est pas tous égaux pour y faire face,

mais qu’à mener mille batailles, il y a de l’espoir.

 

Souvent la musique des spectacles de danse

me pèse. Cette fois-ci, j’ai exulté. Antoine Berthiaume a composé une des meilleures trames musicales que j’ai entendue depuis longtemps. J’aurais acheté le disque à la sortie du Monument-National si elle avait été disponible.

 

Chapeau aussi au travail de l’éclairagiste Alain

Lortie qui a magnifiquement circonscrit le ring de Louise Lecavalier et les contours de ses

chevaliers noirs.

 

Louise Lecavalier a dit après le spectacle,

‘’ je danse vite, mais je crée lentement.’’

Ce qu’elle nous offre est en effet une œuvre véloce, mais aussi forte et profonde

que j’oserais qualifier de chef-d’œuvre.