
photo: Pierre Dury
Découvrir Beyries au Balcon
11-02-2026

Demain c’est l’équivalent du ‘’12 août, j’achète un livre québécois’’.
La campagne ‘’Le 12 février, j’achète un billet pour une sortie culturelle québécoise’’ en est à sa deuxième édition.
Disons qu’en matière de spectacles, ce n’est pas le choix qui manque au Québec. Pour vous aider à faire votre choix, rendez-vous sur le site de La Vitrine*, cet organisme sans but lucratif possède une fabuleuse expertise en matière de promotion des sorties culturelles.
Allez-y pour la surprise, comme moi hier alors que je suis allé découvrir la chanteuse montréalaise Beyries sur scène au Balcon, rue Sainte-Catherine ouest.
Une deuxième supplémentaire a lieu ce 11 février, mais encore là, à guichets fermés. (Pour les gens de Gatineau, elle sera au Minotaure, rue Kent, le 18 février)
Aller voir Beyries dans cette salle du Quartier des spectacles, c’était le cadeau de Noël à ma blonde qui la connaît plus que moi.
J’avais entendu ici et là ses chansons en anglais, en français et ses reprises depuis les dix dernières années où elle a sorti quatre disques, mais je ne connaissais pas vraiment l’artiste.
Je m’attendais à une soirée très sérieuse, d’autant que la chanteuse était accompagnée du Quatuor à cordes Esca.
Quelle surprise de découvrir que cette Amélie Beyries, 47 ans, est, dans la vie, totalement différente de son style musical.
Les yeux fermés, plutôt intense, quand elle chante, elle est capable de larges sourires quand elle cause. Et je vous assure, qu’elle a beaucoup de jasette, je dirais même de la graine d’humoriste.
On rit beaucoup lorsqu’elle nous parle de ses histoires de jeunesse, de sa propension à se lancer des défis, de l’influence que Trump peut avoir sur son humeur.
Elle est intarissable quand vient le temps de remercier les quatre musiciennes qui l’accompagnent, et Lucie Bazzo qui lui a fait de beaux éclairages. L’éclairagiste a même sorti son kit de boules disco qui rivalise avec l’élégante tenue de scène, une sorte de pyjama noir en brillants, que revêt Beyries.
J’ai eu par moment l’impression d’être à un spectacle de la famille McGarrigle-Wainright. Autant tout est impeccable dans l’exécution musicale, autant il y a quelque chose d’improvisé et de grégaire dans le déroulement du spectacle.
Alors qu’on ne s’y en attend pas, Beyries fait apparaître des invités surprises.
Mardi soir, c’était Shaina Hayes, une autrice-compositrice-interprète qui pratique aussi le métier d’apicultrice dans sa ville d’origine de Shigawake en Gaspésie, et nul autre qu’Émile Proulx-Cloutier venu chanter Le cœur est un oiseau de Richard Desjardins, une des chansons qui figure sur son récent disque Reprises.
J’ai gardé pour la fin de vous dire qu’elle reprend aussi Désenchantée de Mylène Farmer. Avec son quatuor à cordes, c’était vraiment très beau, et le public ne s’est pas fait prier pour chanter avec elle.
Tout est chaos
A côté
Tous mes idéaux : des mots
Abimés...
Je cherche une âme, qui
Pourra m'aider
Je suis
D'une géneration désenchantée
Désenchantée
C’est avec en tête cet hymne doux-amer, tellement en phase avec notre époque, que nous sommes revenus en marchant sur le beau tapis blanc gracieuseté de la dernière chute de neige sur Montréal.




