1987

15-08-14

1987 est le film québécois qui a connu le meilleur démarrage au box-office depuis le début de l’année 2014. Selon le journaliste de la Presse, Marc-André Lussier, les revenus aux guichets s'élèvent aujourd'hui (15 août) à 812, 000$.  Après neuf jours d'exploitation. Avec les prévisions météo du week-end, le film de Ricardo Trogi devrait poursuivre sur sa lancée et atteindre le million bientôt.

 

On ne peut que s’en réjouir pour le cinéma québécois qui a besoin de cet engoûment.

 

Mais attention, ce n’est pas pour autant le film de l’année.

 

 

 

 

1987 n'a pas l'effet de suprise de 1981 qui l’a précédé.

 

En 2009, j’avais beaucoup aimé ce personnage de petit gars de Québec né d’une mère québécoise un peu hystérique et d’un père italien plutôt défaitiste. À 12 ans, Ricardo faisait tout pour ne pas être un loser. Jean-Carl Boucher, qui incarnait le personnage, tenait le film sur ses épaules. Une vraie révélation.

 

Dans 1987, cinq années ont passé et Ricardo se retrouve encore à ramer pour être quelqu’un. Mais à l’adolescence, les hormones et le sentiment d’invincibilité sont mauvaises conseillères. Notre personnage accumulera des gaffes et des faux pas que je vous laisse découvrir.

 

Les deux films sont construits exactement de la même façon. Le réalisateur se réserve encore la narration. Avec un débit très punché, Trogi met la table aux différentes histoires qui arrivent à son personnage. S’ensuit un défilé de scènes cartoonesques dans lesquelles Jean-Carl Boucher est la vedette centrale. Il est encore une fois extrêmement efficace. Un rôle de rêve pour un comédien.

 

On retrouve aussi avec bonheur Sandrine Bisson dans le rôle de la mère. Toujours aussi truculente. Jean-Pierre Bergeron a un tout petit rôle…mais quelle présence!

 

Encore une fois on n’a pas lésiné sur la direction artistique. Le mauvais goût des années 80 nous apparaît dans toute sa splendeur. La trame musicale rappelle aussi des souvenirs....bons ou mauvais, ça dépend des goûts.

 

Malgré tout ça, 1987 n'est pas aussi réussi que 1981.  Même si on passe un bon moment, on ne peut pas faire autrement que sentir la recette. Et 1981 était plus fin. La pureté de l'enfance versus l'immoralité de l'adolescence?