TORUK, quand le Cirque du Soleil refait Avatar sur scène

24-12-15

Une chose en partant, je ne suis pas le public cible de Toruk. Je n’ai pas vu le film car ce genre d’histoire ne m’intéresse pas. Aussi, je redoutais de voir le Cirque du Soleil s’aventurer sur ces terres. Il y avait à mon sens un danger de traverser une frontière dont la compagnie québécoise ne cesse de se rapprocher à savoir celle du monde de Disney.

 

Dans Toruk, il y a un narrateur qui parle notre langue et qui nous guide dans l’univers des Na’vi. Je vais faire l’économie d’une description de l’action. Ceux qui ont vu le film connaissent mieux que moi cet univers et je risquerais de perdre les autres, ceux qui ont tourné le dos à cette proposition de James Cameron.

 

Je dois concéder que le récit du narrateur est plutôt limpide et pas trop lourd à suivre. On doit cela, entre autre, à une qualité sonore exemplaire. Rien à voir avec le charabia inaudible des spectacles de Disney on Ice.

 

En fait, c’est toute l’expertise acquise au Cirque du Soleil en plus de 30 ans d’histoire qui, pour moi, sauve ce spectacle d’un certain ennui.

 

Le tableau floral est tout simplement magnifique. Il rappelle ce qui a été fait pour la chanson Yellow Submarine dans Love.

Dans d’autres scènes,  c’est  le mur d’escalade de qui nous revient en mémoire, les projections de Délirium, l’arbre du Immortal Tour ou les costumes de Totem ou Amaluna.

 

Toutes ces bonnes idées se déploient avec encore plus de raffinement et de maîtrise. Le Cirque du Soleil a encore une bonne longueur d’avance en matière de génie scénique.

 

Résultat?  Les surprises se trouvent davantage dans les projections, les effets spéciaux, les éclairages, les costumes, les accessoires, la musique que dans le déroulement de l’histoire qui s’étire sans jamais être récupéré par l’art du cirque. Car, il faut le dire, Toruk est le spectacle du Cirque du Soleil qui compte le moins de performances acrobatiques.

 

Est-ce que les fans d’Avatar seront comblés? C’est la question à 40 millions de dollars, le coût de cette production ambitieuse qui ne fait pas honte au Cirque du Soleil mais qui ne convainc pas totalement non plus.