BORN TO BE BLUE, le côté sombre du jazz cool de Chet Baker

20-03-16

 

Cela va bientôt faire 30 ans que le jazzman Chet Baker a quitté ce monde. Mais les nombreux enregistrements qu’on lui doit le rendent éternel à nos oreilles. Le son de sa trompette et de sa voix est toujours aussi doux. Un tel contraste avec le sombre de sa vie! C’est un peu des deux que nous offre le film Born To Be Blue du réalisateur canadien Robert Budreau.

 

Chet Baker, celui qu’on appelait le James Dean du jazz, a eu un parcours ponctué de succès, de reconnaissance internationale, mais aussi de défonces, de prison et de misère. Toute sa vie, le populaire musicien a traîné publiquement sa réputation de mauvais garçon. Jusqu’à sa mort tragique en 1988 à Amsterdam alors qu’il tombe de la fenêtre de sa chambre d’hôtel!  

 

Plutôt que de faire un récit chronologique, Budreau a choisi une approche kaléidoscopique. Les éléments de la vie du musicien ont été regroupés pour permettre au spectateur d’arriver à  cerner cet énigmatique personnage. Par exemple on a regroupé dans le rôle de Carmen Ejogo, la somme de toutes les femmes qui ont vécu avec Baker. Même chose pour le personnage du gérant qu’incarne Callum Keith Renie. C’est plus l’esprit de la relation qu’il avait avec son protégé que des faits avérés.

 

Essentiellement, Born To Be Blue se passe dans les années 60 alors que Chet Baker revient aux États-Unis après un long séjour en Europe. Le musicien a alors plusieurs prises contre lui : oubli du public, antécédents criminels, dépendance à la drogue. Mais c’est une agression violente qui l’obligera à se retirer. Ses dettes de drogue lui valent de se faire péter la gueule mal sale : mâchoire et dents cassées. Pour d’autres, la carrière aurait été finie.

 

Le film nous montre Baker réapprenant à souffler dans son instrument, péniblement. Rompant avec la drogue, avec difficulté.

Misant sur l’amour, avec jalousie. Recommençant les petits gigs, avec humilité. Renouant avec le studio d’enregistrement, avec bonheur. Et chutant de nouveau dans la consommation, parce que c'était son carburant.

 

Ethan Hawke incarne avec beaucoup de vraisemblance le chemin du combattant de Chet Baker. L’illusion est réussie même quand il chante ou joue de la trompette. Et on comprend que dans le souffle et les veines, Chet Baker avait un destin…born to be blue.

Ce film est une co-production Canada-Grande-Bretagne-États-Unis. Il a été tourné en partie à Sudbury. La bande sonore est sur le marché depuis vendredi le19 mars.