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Nino à voir pour Théodore Pellerin
20-01-2026

Est-ce une mode, un hasard, ou juste la confirmation que Montréal et le Québec sont des endroits formidables?

Toujours est-il que j’ai vu le film Nino, et c’est le quatrième long métrage de fiction étranger que je vois en un mois qui fait référence à Montréal et/ou au Québec.

(Je précise que tous ces films ont été réalisés avant les honteuses décisions prises par le gouvernement de François Legault sur les questions d’immigration)

 

Dans Nino, l’ex-blonde du personnage principal lui annonce qu’elle s’en va vivre à Montréal où ce sera moins compliqué pour elle, car la population y est sympa.

 

Dans le film italien La grazia, c’est le fils du président italien qui part pour Montréal pour y faire de la musique, parce que l’esprit créatif y est bon.

Il y a dans le film L’agent secret un personnage qui dit venir du Québec et travailler à l’Université du Québec. C’est court, mais quand même étonnant pour un film qui se passe au Brésil dans les années 1970.

Dans La petite dernière*, le pneumologue que consulte la petite dernière d’une famille originaire d’Algérie vivant à Paris pour ses problèmes d’asthme, utilise une expression québécoise pour expliquer le fonctionnement du test qu’il lui fait passer.

‘’Si vous ne soufflez pas assez fort dans le tube, les petits points blancs qu’on voit sur l’écran vont rester pognés ensemble comme ils disent au Québec’’, dit-il avec un large sourire.’’

Tout ça est bien surprenant pour le spectateur que je suis, toujours prompt à cultiver notre vanité nationale.

Mais il y a encore plus dans le cas de Nino (film dont l’action se passe à Paris): le rôle principal est tenu par un acteur québécois.

En effet, pour son premier long-métrage en carrière, la réalisatrice française Pauline Loquès a choisi notre Théodore Pellerin national pour incarner Nino, un jeune à l’aube de la trentaine qui reçoit un diagnostic de cancer de la gorge.

L’action se passe sur trois jours. Entre le vendredi où le diagnostic lui est annoncé (assez brutalement dans un hôpital labyrinthique en travaux qui m’a fait penser à l’hôpital Notre-Dame), et le début des traitements qui urgent, le lundi matin.

Théodore Pellerin, dont la présence irradie le film, est de toutes les scènes.

J’ai été bluffé de voir cet acteur québécois être le centre d’attention pendant une heure et demie, avec un accent parisien qu’il soutient tout du long.

Le film repose sur ses épaules, et on va le voir pour lui.

Il faut quand même dire que Nino n’est pas si bavard. Pendant plus de la moitié du film, il n’arrive pas à annoncer la mauvaise nouvelle, à verbaliser ce qu’il ressent aux nombreuses personnes qu’il croise pendant ce week-end d’errance à Paris, car, en plus, il a perdu les clés de son appartement.

Il va voir sa mère, son meilleur ami qui lui a organisé une fête (ça tombe que la mauvaise nouvelle arrive en même temps que son anniversaire), une ancienne camarade de classe, son ancienne blonde, et une autre amie jouée par la Québécoise Nahéma Ricci, (souvenez-vous elle était extraordinaire dans Antigone de Sophie Derasp).

J’ai adoré voir Théodore en vélib, dans le métro de Paris (on entend même le jingle de la RATP), sous le viaduc aérien de la ligne 4 (peut-être celui de la ligne 2).

Son visage parle pour lui.

Il traduit toutes les nuances d’émotions, y compris la joie, avec le plus large des sourires qui lui fend les joues de fossette que je ne lui connaissais pas (j’ai des fossettes, je suis très sensible à ce cadeau de la vie).

Mais je me dois ici de tempérer ici mes ardeurs, car tout n’est pas parfait dans ce film excellent.

J’ai perdu plus du tiers des dialogues, parce que les parigots du film ‘’Nino’’ parlent avec un tel accent que, souvent, il m’est arrivé de ne piger que dalle!

Et je vous préviens, ça chuchote beaucoup aussi. Apportez votre cornet!

 

Je le dis parce qu’à ma projection, il n’y avait pratiquement que des têtes blanches, comme moi.

J’aurais souhaité des sous-titres, comme on fait pour les séries québécoises diffusées à la télévision française.

Autre irritant. Comme ça arrive trop souvent au cinéma français, il y a des chansons en anglais dans la bande sonore.

J’haï ça!

Il y a assez de bonne musique en France pour s’éviter de mauvaises tounes in english, non?

Heureusement, la musique instrumentale est meilleure.

D’ailleurs, devinez quoi, j’ai vu au générique qu’il y avait même une pièce de Flore Laurentienne!

Oui, oui le même Mathieu David Gagnon dont la musique a servi à la campagne printemps-été de Louis Vuitton.

Quand je vous dis que le Québec a la cote!

*J’ai vu La petite dernière de Hafsia Herzi. Je n’en ai pas parlé parce que le film m’a laissé indifférent.

Mais à la lumière de Nino, j’avoue que ma perception a un peu changé.

Les deux films, qui se passent à Paris (avec un accent souvent difficile à comprendre dans les deux cas), nous permettent de voir comment les jeunes d’aujourd’hui vivent leur fin de vingtaine, début de trentaine.

Bien que très grégaires, ils sont apparemment assez anxieux de la vie.

Ils font volontiers la fête, mais se font aussi beaucoup de mouron.

Dans les deux histoires, les personnages ont des problèmes de santé qui les obligent à consulter.

Nino pour son cancer de la gorge, Fatima pour l’asthme.

Les deux doivent aussi se positionner par rapport à leur sexualité.

Nino doit produire un échantillon de sperme avant le début de ses traitements qui risquent de le rendre stérile.

Fatima vit un dilemme moral entre sa croyance religieuse (musulmane) et son attirance pour les femmes.

Dans les deux cas, il y a une grande difficulté à exprimer les sentiments.

Comme Théodore Pellerin, la comédienne Nadia Mellit est pratiquement de toutes les scènes. Si j’ai moins accroché à sa prestation, c’est sans doute parce que la gamme des émotions qu’elle exprime est moins grande. Son personnage est plutôt taciturne. Sa ressemblance avec la chanteuse nigériane Sade Adu, que j’aime tant, m’a empêché de croire que cet enfant a 17 ans.

Et en passant, j’ai aussi haï les chansons en anglais de La petite dernière.

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