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Pourquoi pas 10 sur 10 pour Guy! Guy! Guy! du Cirque du Soleil à Trois-Rivières
20-07-2023

Il y a depuis toujours le cinéma documentaire, auquel s’est ajouté récemment le théâtre documentaire, et voici maintenant le cirque documentaire.

Le Cirque du Soleil propose cette nouvelle incarnation avec Guy!Guy! Guy!, un spectacle qui raconte l’histoire de la légende du Canadien de Montréal, le CÉLÈBRE NUMÉRO 10, GUY LAFLEUR!!!!! (mettez-y  la voix de Claude Mouton ou Michel Lacroix)

C’est la première fois que la série Hommage du Cirque du Soleil, présentée depuis 2015 à Trois-Rivières, s’intéresse à un sportif. D’ailleurs, il m’a semblé que la première de mercredi soir avait attiré un public différent à l’Amphithéâtre Cogéco. Plus amateurs de sport bonsoir.

Les metteurs en scène Fernand Rainville et Vincent Côté et leur équipe de concepteurs ont fait un travail de recherche colossal pour créer cet hommage. Les multiples facettes du mythique personnage sont abordées, du rêve de cet enfant de Thurso doué pour le hockey aux déchirants adieux, en passant par son passage des Remparts aux Canadiens, aux Rangers, aux Nordiques. Héros imparfait comme les Québécois les aiment, il sera aussi question de la témérité de cet athlète qui  jouait avec pas de casque, fumait comme une cheminée et ne dédaignait pas faire la fête tard le soir.

Tout ça est abordé dans une série de tableaux auxquels les acrobates donnent vie en étant eux-mêmes jusqu’au-boutistes. Je vous le donne en mille, il y a plusieurs numéros sur patins. Mais aussi des mats Chinois, des cerceaux aériens, de la jonglerie, du vélo acrobatique, de la voltige aérienne, du funambulisme, du tissu aérien, de l’équilibre sur cannes, de la roue allemande et de la roue Cyr.

Et il y a beaucoup de nouveautés dans la manière de présenter ces disciplines. Le mât chinois, par exemple, se détache du sol pour flotter dans les airs. Le numéro de roue Cyr se fait avec un accessoire en feu. Et, charmant coup d’œil au hockey, on remplace le tissu par un filet pour le numéro de tissu aérien.

Tout ça s’exécute aussi sur une trame musicale d’enfer qui mélange succès des années 1970 et musique originale de Philippe Brault.

Pour le tableau qui évoque les nombreuses soirées passées par Lafleur dans les discothèques de Montréal, c’est au son de Aimes-tu la vie de Boule Noire que la troupe se trémousse allègrement.

Pour accompagner le funambule qui traverse la scène de bord en bord à une hauteur vertigineuse, on propose une version acoustique du succès Toujours vivant de Gerry Boulet, magnifiquement interprétée par Michel Rivard (l’auteur de cette chanson).

On entendra aussi WOW d’André Gagnon, et des chansons de Gilles Valiquette (Je suis cool), Francine Raymond (Pour l'amour qu'il nous reste), Robert Charlebois (J'voulais pas y aller), et les Colocs (Le but). Vive les chansons en français dans les shows québécois!

Coup de génie des concepteurs, ils ont pensé amener un orgue sur la scène de l’Amphithéâtre Cogeco. Benoit Rocheleau, de Trois-Rivières, fait des miracles, comme Claudette Auchu autrefois, en ponctuant l’action de ces mémorables ritournelles de vainqueurs qui retentissaient au Forum de Montréal quand le démon blond comptait et que le Canadien remportait des coupes Stanley.

Dire que j’ai vécu cette époque bénie.

 

Ça a de quoi me rappeler mon père (grand fan de Guy Lafleur, il aimait les vrais) qui aurait eu 99 ans ce 20 juillet.

Visuellement, le spectacle est très coloré. Disons que le rouge Canadiens l’emporte. Et que dire des projections? On a ressorti moult archives de buts gagnants (quel plaisir de réentendre l’éloquence du grand René Lecavalier), et on a créé un tableau indicateur qui est un personnage en soi. C'est l'as Yves Aucoin qui est aux manoeuvres. Celui qui se fait appeler Lapin par les intimes, sait jouer dans les coins, avec l'énergie du Lapin Energizer.

Comme toujours, on a imaginé un fil (rouge) pour relier ensemble les moments de la vie de Flower Power. Encore une fois, c’est un enfant qui nous prend par la main à travers son rêve de devenir lui-même un joueur de hockey, comme son idole, Guy Lafleur. Le jeune Jules Sévigny, 13 ans, qui déroule ce fil narratif, est fabuleux.

Vous sentez mon enthousiasme? Il est bien réel, et une fois n’est pas coutume, emporté par mon emballement, inspiré par le concept de ce spectacle Trois-Guy de Trois-Rivières,  je vais gratifier la production d'une note à la Nadia Comaneci (après tout c’est une célébration des années 1970) : 10 sur 10!

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