LUZIA

07-04-16

Après l'ennui créé par Toruk, dérivé du disneyesque Avatar, j'ai eu peur que le Cirque du Soleil ait vendu son âme en même temps que sa propriété.

 

Eh bien ce matin, en trois petits numéros de Luzia, j'ai été rassuré. 

La multinationale québécoise détient toujours le secret pour charmer et épater les foules.

 

Daniele Finzi Pasca est à la barre de cette nouvelle production sous chapiteau. Le metteur en scène suisse-italien qui nous a déjà donné Cortéo, s'inspire de ses dix années vécues au Mexique pour ce spectacle hommage au soleil, à la lune et à la pluie. Julie Hamelin Finzi en signe la dramaturgie et Brigitte Poupart concrétise leurs idées sur scène à titre de metteur en scène associé.

 

Les tableaux, présentés publiquement pour la première fois, laissent présager un spectacle organique où la poésie est reine.

 

La scénographie est dépouillée. En fond de scène se trouve une structure circulaire, un disque, qui sous l'effet des savantes lumières de Martin Labrecque, irradie comme le soleil ou sculpte le mystère comme le fait la lune la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir dompté l'eau dans un contexte de salle de spectacle avec la production O à Las Vegas, le Cirque du Soleil intègre la pluie sous le chapiteau. Une première! Il pleut des cordes pendant le numéro de trapèze et de Roue de Cyr et c'est d'une grande beauté qui n'est pas sans rappeler Rain que Daniele Finzi Pasca avait créé pour le Cirque Éloize.

 

Pour ce numéro, l'équipe de recherche et dévelopement du Cirque du Soleil a entre autres développé une gaine caoutchoutée pour que les Roues Cyr puissent être utilisées sur une scène mouillée. Il a fallu aussi penser à la récupération des eaux, leur traitement. La technologie est là, mais elle ne domine pas la performance qui reste le coeur de notre attention.

 

Le Cirque innove aussi dans le numéro de cerceaux chinois qu'il propose. Les acrobates, qui prennent des airs de colibris, s'exécutent sur un tapis roulant alors que le plateau est tournant. Ça s'appelle multiplier le coefficient de difficulté et pousser encore plus loin la discipline. Fabuleux!

 

Le troisième numéro présenté était un numéro de sangles dans lequel l'artiste émerge d'un bassin d'eau. On y retrouve une marionnette géante, manipulée à vue comme dans Toruk.

Un mot sur la musique. Dans ce qu'il a été possible d'entendre lors de cette présentation pour la presse, il semble que le compositeur Simon Carpentier a fait sien l'esprit mariachi de la musique mexicaine. En tout cas son orchestre compte trompette, trombone et accordéon et l'énergie est contagieuse. La bande sonore du spectacle Luzia sera disponible à compter du 22 avril.

 

Est-ce que le reste du spectacle Luzia sera à la hauteur des attentes créées par cet avant-goût très prometteur? C'est ce qu'on verra à compter du 21 avril prochain. La grande première aura lieu le 4 mai.