BOYHOODJeunesse ), le film d'une vie

5-08-14

Dans Boyhood (Jeunesse), le personnage principal est un enfant de 6 ans qu’on voit grandir littéralement sous nos yeux.

 

Autour de lui,  une sœur aînée, un père et une mère (séparés), des beaux-pères pas faciles et des amis qui changent au gré des déménagements.

 

Le réalisateur Richard Linklater a capté ces scènes de la vie quotidienne sur une période de 12 ans.

 

Ellar Coltrane avait 6 ans lorsqu’il a tourné ses premières scènes et 18 à la fin du projet.

 

 

 

Les autres membres de la distribution, (Ethan Hawke, Patricia Arquette et Lorelei Linklater) ont aussi joué le jeu de revenir devant la caméra de Linklater au fil des ans. C’est le grand exploit de ce film.

 

Combien de fois on rage devant le ridicule d’un personnage qu’on maquille trop pour le vieillir ou une substitution ratée d’acteur pour permettre la progression d’une histoire dans le temps.

 

Ici, le passage des années est d’une crédibilité absolue. D’autant que dans l’écriture de son scénario, Richard Linklater traduit parfaitement les préoccupations de ses personnages qui changent avec les années qui passent. 

 

Par exemple, la mère submergée du début reprend en partie le contrôle de sa vie alors que le père, qui a fui le foyer familial lorsque les enfants étaient jeunes, finit par prendre ses responsabilités, à sa manière.

 

Quant à Mason, garçon ténébreux, il passe de la petite enfance à l’âge adulte en se posant au fur et à mesure les questions qui viennent avec son âge.

 

Boyhood c’est, ni plus ni moins, le film d’une vie. Rien à voir avec les méthodes hollywoodiennes. Le jeu des acteurs est toujours naturel. On est proche du documentaire mais sans y être puisque tout est fiction dans cette histoire.

 

Je n’ai pas été aussi pâmé que bien des critiques qui ont mis les attentes très hautes.

 

Il faut dire que je m’attendais à revivre, à travers le film, ces années 2000 où j’ai vu grandir mon fils qui a sensiblement l’âge de Mason. Il y a bien le Gameboy, les sorties au bowling, la lecture de Harry Potter au lit, la guerre en Irak et la montée d'Obama en fond de scène mais autrement, pas grand-chose de semblable entre ma petite famille à Montréal et celle de Mason établie au Texas.

 

Pas grand-chose, mais quand même la plus inéluctable, un jour les enfants quittent la maison pour voler de leurs propres ailes.

 

C’est ainsi que le film se termine. Au cinéma et à la maison.