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Michel-Ange et Rodin au Louvre
04-06-2026

Dans le coin droit, Michel-Ange, pesant plus de 400 ans d’histoire.

Dans le coin gauche, Rodin, pesant plus d’un siècle.

Le Louvre propose une rencontre entre deux géants de la sculpture qui ne cessent de mettre les foules en liesse.

Il faut arriver tôt pour s’engouffrer dans la pyramide du Louvre de IM Pei, et accéder aux salles qui accueillent l’exposition ‘’Corps vivants’’, à l’affiche jusqu’au 20 juillet 2026.

Nos deux légendes de la sculpture ont en commun ce que le titre de l’exposition évoque, ils ont chacun en leur temps travaillé d’après des modèles vivants.

D’entrée de jeu, un cartel nous donne la direction que prendra notre parcours.

‘’Dans leurs œuvres, Michel-Ange et Rodin ne s’arrêtent jamais à la surface de la peau. Les musculatures et les ossatures déterminent la structure du corps ainsi rendu vivants, palpitants.’’

Autre trait commun, leur inspiration qui remonte à l’art gréco-romain, ‘’créant des œuvres capables de passer pour de véritables antiques.’’

On nous invite à remarquer comment Michel-Ange arrive à aller au-delà de ce qui l’inspire, en y amenant ce qu’on a appelé ‘’la buona maniera’’. En effet, il demande à ses modèles de poser de manière exagérée pour faire ressortir muscles ou ossature.

Chez Rodin qui était, dit-on, un collectionneur passionné, on attire notre attention sur son penchant pour ‘’la dimension fragmentaire des œuvres antiques’’. En d’autres mots, qui donne à voir des œuvres représentant des parties du corps. Et lorsqu’il fait des sculptures complètes, Rodin ‘’invente des anatomies peu réalistes, mais plus à même de traduire le sentiment de la vie.’’ Comme le fait de… penser!

Là où Michel-Ange et Rodin diffèrent, c’est dans la manière d’aborder la matière.

 

Après des esquisses sur papier (il y en a beaucoup en vitrines), ou en cire, le premier sculpte directement le marbre.

Le second fait surgir ses personnages de l’argile qu’il façonne pour éventuellement les mouler en bronze ou en plâtre. Ce n’est qu’ensuite que des apprentis sculpteront dans le marbre ce que le maître a imaginé.

L’exposition fait beaucoup de place à d’autres sculpteurs que Michel-Ange et Rodin. Leur influence a été si grande, c’est normal. On a même droit à une surprise : la fameuse robe de viande de l’artiste montréalaise d’origine tchèque Jana Sterback.

La présence de cette œuvre en viande de bœuf crue est là pour questionner la notion du corps comme enveloppe fragile. Avouons que c’est bien là une préoccupation qu’ont partagé Michel-Ange et Rodin dans leur travail.

Soyez avertis, le plus spectaculaire de cette exposition se trouve à l’entrée. Les œuvres majeures sont réunies en début de parcours. Elles sont tout à fait dans l’esprit, un peu racoleur, des affiches qu’on voit partout en ville. Le reste du parcours n’arrive pas à maintenir l’effet de pamoison qu’on ressent à nos premiers pas dans cette exposition.

En tout cas, pour moi, le grand gagnant de cette rencontre au sommet est sans contredit Michel-Ange. Quel génie créateur! Même Rodin l’a reconnu. Difficile d’arriver après.

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