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Après Amadou et Mariam: Sons du Mali*, et UZEB en fusion (vu jeudi alors qu’il pleuvait dehors), je prends goût aux documentaires musicaux.

J’ai vu le film de Philippe Frenette-Roy en n’arrêtant pas de trouver qu’il avait bien fait ses devoirs. Après tout, le jeune réalisateur de 37 ans n’avait que trois ans quand UZEB a donné ce qui s’est avéré être le dernier concert du groupe, le mardi 7 juillet 1992 sur la scène principale extérieure du Festival international de jazz de Montréal.

J’étais tout étonné moi-même que cela fasse si longtemps que Michel Cusson, Alain Caron et Paul Brochu aient pris des chemins différents.

Mon père étant décédé dans les jours précédents cet ultime spectacle, je n’ai pas couvert ce moment mémorable réunissant

90 000 personnes sur ce qu’on appelait pas encore la Place des Festivals.

Le film UZEB en fusion nous fait bien comprendre comment cette formation en est arrivée à devenir cette sensation qui a fait la fierté de Montréal, du Québec et du Canada, chez nous, et à l’étranger avec de la musique instrumentale. Bien avant Angine Poitrine!

On remonte au tout début, avant même la naissance de la formation, en rappelant que Michel Cusson (le pilier central d’UZEB) jouait de la guitare à 14 ans au secondaire à Drummondville dans un groupe où se trouvait aussi Gaston Mandeville.​ Drummondville Power!

Si on s’amuse à tergiverser sur l’origine de la poutine (ce plat est-il né à Drummondville ou à Warwick?), il n’y a aucun doute quant celle d’UZEB.

C’est un pur produit du centre du Québec.

Le premier spectacle a eu lieu en août 1975 à l'école Labrèque d'Acton Vale (village voisin de Drummond!) et comme ça tombait le jour de la Saint-Eusèbe, le groupe, qui n’avait pas encore de nom, a opté pour l’appellation Eusèbe Jazz.

On apprend, ou se rappelle, plein d’affaires dans ce film!

On a même droit à l’explication du passage de Eusèbe Jazz à UZEB.

Les mains sur les seins de sa blonde qui portait le T-Shirt d’Eusèbe, Cusson a vu les lettres USEB. Comme on dit, le reste appartient à l’histoire.

 

Cet ajustement a facilité la propagation du nom UZEB partout dans le monde.

Si le film a la très grande générosité de donner la parole aux différents musiciens qui ont été là au début (Jean Saint-Jacques : claviers et batterie (membre fondateur), Michel Cyr : claviers, Jeff Fisher : claviers, Stephan Montanaro : claviers, Sylvain Coutu : batterie, Réjean Généreux : claviers), l’essentiel du documentaire s’intéresse au trio infernal qu’ont formé Michel Cusson, Alain Caron (natif de l’Île Verte) et Paul Brochu (de Québec).

Trois musiciens exceptionnels comme le donnent à voir les nombreuses archives.

 

Ce film est extrêmement généreux en extraits musicaux.

Le réalisateur doit mener une bonne vie pour avoir eu accès à autant de moments marquants de la carrière d’UZEB captés sur film ou sur vidéo (de bonne qualité avec en plus un bon son).

 

Philippe Frenette-Roy a aussi réussi à faire parler nos trois larrons, sans filtre.

Cusson et Caron n’hésitent pas à dire les vraies affaires, tout en assumant chacun leurs torts dans ce qui a fait que ce conte de fée a finalement tourné au vinaigre.

Et entre les deux, il y a Paul Brochu aussi calme et débonnaire dans la vie qu’il peut être énergique et percutant sur son drum.

S’ajoute aussi une flopée de personnalités qui témoignent de cet âge d’or du jazz fusion. Entre autres: André Ménard, Alain Simard, Luc Boivin (de Beau et Chaud), Daniel Lafrance (le gérant), Jean Robitaille (le producteur), Pierre Verville (qui a eu Eusebe Jazz comme accompagnateur), les critiques musicaux Christophe Rodriguez et Alain Brunet, les proprios de l’Air du temps (une scène mythique pour le jazz fin 1980, début 1990. On était souvent rendus là pour notre chronique culturelle du Montréal Ce Soir), et quelques Français qui ont été déterminants dans le décollage du groupe sur la scène internationale.

Quel plaisir de revoir des images du clip 60, rue des Lombards (l’adresse du Sunset Sunside dans le 1er arrondissement de Paris où UZEB avait ses habitudes) réalisé par François Girard.

On avait mis des images de ce clip d’UZEB dans l’ouverture de l’émission Vidéoclub que j’animais de Toronto à la fin des années 1980, parce qu’UZEB était vraiment hot à cette époque.

 

D’ailleurs, le film a le grand mérite de redonner à UZEB ce qui appartient à César. Oui oui, les lauriers!

Ce groupe-là a fait énormément pour le milieu de la musique et la reconnaissance du Québec à l’étranger.

 

On ne l’a pas suffisamment dit, je trouve.

Le film UZEB en fusion se termine par des retrouvailles.

Cusson, Caron, Brochu réunis sur un même divan qui se rabibochent en se racontant le bon vieux temps, et des images de leur résurrection sur scène en 2017, encore une fois dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

C’était un 30 juin à Wilfrid-Pelletier.

Zut de zut, j’ai manqué ce show-là aussi!

Pour tout vous dire, mon agenda me rappelle que j’étais au Capitole de Québec pour Saturday Night Fever!

Au moins je n’ai pas raté leur documentaire.

Je vous dirais d’y aller aussi. C’est ben ben bon!

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