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Melody Gardot au Festival international de jazz de Montréal 2026
02-07-2026

Ce premier juillet 2026, j’avais rendez-vous avec Melody Gardot au Festival international de jazz de Montréal. De longue date, car nous nous nous sommes procurés nos billets en octobre 2025, dès l’annonce de sa venue.

Je ne l’ai vue qu’une fois en spectacle, c’était en 2008 au moment où nous découvrions tous, ce talent jazz brut.

La jeune sensation était un peu beaucoup fragile, car elle se remettait d’un accident de vélo survenu à Philadelphie en 2003 qui a bien failli la tuer. Elle s’était présentée sur scène avec une canne et des verres fumées pour protéger ses yeux de la lumière intense.

Elle avait été incandescente.

J’ai tous ses disques depuis Worrisome Heart (2006), et j’écoute surtout la liste de lecture que je me suis concoctée de ses chansons les plus douces.

Bien que j’avais très envie de la revoir, je n’ai pas mis le gros prix, me contentant de billets à 90 dollars (!) qui nous confinaient au balcon.

Quand j’ai pris place, j’ai vite compris pourquoi les billets étaient dispendieux.

 

Du ‘’pit en l’air’’, j’avais une vue en plongée sur les effectifs réunis pour ce spectacle: une section de cordes composée de 12 musiciens (plus le chef), une quantité innombrables d’instruments de percussions (pour deux musiciens), une contrebasse, une section de cuivres (un trompettiste et un saxophoniste), un piano à queue pour son accompagnateur le franco-brésilien Philippe Powell (fils de Baden Powell de Aquino (1937–2000) le fameux guitariste et compositeur brésilien). 19 personnes pour l’accompagner!

Il y avait aussi quelques pieds de micro en fond de scène, pour d’éventuelles choristes?

Eh bien non, pour une chorale de 14 personnes, le Thanda Choir, un groupe de venu de Khayelitsha, dans l’agglomération du Cap en Afrique du Sud, qui se révèlera la surprise du spectacle.

Ceux qui suivent assidûment Melody Gardot savent que Melody Gardot a découverts ces artistes sur les réseaux sociaux, et qu’elle les a invités à participer à ses concerts événements à l’Olympia de Paris, où elle habite.

En passant, le fait de vivre à Paris nous vaut de l’entendre nous dire dans un excellent français tout le bien qu’elle pense du Festival international de jazz de Montréal, qu’elle considère le meilleur au monde.

Mais c’est dans la langue brésilienne, qu’elle chante si bien, qu’elle ouvre son spectacle (avec plusieurs minutes de retard disons-le).

D’abord une pièce carnavalesque où ses deux percussionnistes démontrent leur bravoure, suivie de la bien nommée C’est magnifique, en partie en portugais, en duo avec son pianiste (dommage son micro à lui sonnait la cacanne).

Et nous voilà partis pour un concert qui a emprunté plusieurs directions y compris plusieurs moments d’une grande douceur (accentuée par les cordes) avec plusieurs de mes pièces favorites If you love me, From Paris with Love, Moon River et Les Étoiles en version quasiment Nouvelle-Orléans. Sans oublier la poignante Chanson des vieux amants de Brel qu’elle nous offre en rappel accompagnée uniquement de l’ensemble de cordes. D’un grand lyrisme!

Tout à fait dans l’esprit jazz, Melody Gardot permet à ses musiciens de se faire valoir dans de nombreux solos, ce qui nous vaut plusieurs fabuleux moments de la part de son trompettiste et de son saxophoniste.

Tout du long, Melody Gardoy nous jase ça (beaucoup en anglais, mais aussi en français) comme si on était buddy-buddy. Le mot cool revient souvent dans ses propos.

C’est qu’elle est elle-même pas mal cool.

Elle nous apprend que son bébé, de même pas un an (né le 23 décembre dernier à la suite d’un accouchement naturel à sa résidence) dort en coulisses.

Peut-être que ceci explique pourquoi le spectacle a commencé presqu’une demi heure en retard. Son Fais dodo, n’a peut-être pas fonctionné?

Quand on cherche à en savoir plus sur la naissance de ce chérubin, on constate que les magazines people français en ont beaucoup parlé pour dire que la grossesse de la chanteuse a été plombée par la décision du père de ne pas assumer sa paternité. Enceinte de 20 semaines, la maman de 40 ans s’est retrouvée seule!

Aux médias auxquels elle s’est confié, elle a dévoilé avoir beaucoup pleuré.

À nous, elle a dit qu’elle avait un grand défi devant elle de bien élever ce garçon, pour en faire un bon futur homme.

L’autrice-compositrice-interprète, qui parle de toutes les sortes d’amour, sera certainement très inspirée par son expérience de maman dans ses chansons à venir.

En tout cas, hier soir, elle n’a pas manqué de nous lancer plein de messages d’amour, d’ouverture aux autres et de paix très sentis.

Ils sont rares les artistes venant des États-Unis qui, dans un même spectacle, chantent en portugais, parlent français, mettent en valeur la culture sud-africaine, tout en demeurant foncièrement américains.

Pour toutes ces raisons, Melody Gardot demeure une exception culturelle que les Montréalais adorent. Fallait voir l’ovation qu’on lui a faite!

J’avoue que du balcon, c’était bien beau!

 

Un aveu à propos du balcon.

Je dois avouer que c’est la première fois que j’assistais à un spectacle à la salle Wilfrid-Pelletier depuis le balcon.

En grimpant là-haut, j’ai découvert des pièces de la collection de la Place des arts que je ne connaissais pas dont la magnifique verrière Cosmos musical d’Alfred Pellan qui occupe tout le mur arrière du bar Pellan, et qui est même répétée dans le miroir qui fait face au bar.

Et quel bonheur, rendu au septième ciel, de tomber sur un fulgurant Rita Letendre, issu de sa période ‘’flèche’’.

 

Et pendant que la vedette se faisait attendre, j’ai pu à loisir admirer de proche le plafond architectural de la salle conçu par le cabinet ARCOP (Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold, Michaud et Sise) en 1961, apparemment une structure en plâtre et en acier.

En terminant, je confirme que le son peut être excellent au balcon. C’était le cas pour le spectacle de Melody Gardot.

 

La chanteuse se produit de nouveau ce soir à Wilfrid-Pelletier, et le 12 juillet à Québec.

Sur son site, on constate qu’elle participera à un grand concert de Chris Botti à Vancouver en septembre.

Sinon, c’est le calme plat pour la nouvelle maman jusqu’en novembre où elle a quatre dates en Allemagne, en Hollande et en Angleterre.

https://www.melodygardot.com/tour/

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