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Laurent Voulzy aux Francos de Montréal
13-06-2026

Vu, hier, Laurent Voulzy aux Francos de Montréal 2026.

Les billets étaient achetés depuis longtemps.

J’ai une expression consacrée pour qualifier cette qualité de ma blonde de beaucoup prévoir d’avance (y compris les spectacles, surtout depuis que je suis à la retraite): elle est ‘’la prévoyance La Mutuelle’’!

Ces billets sont dans le portefeuille de son téléphone depuis le mois de novembre 2025. Ils étaient comme la promesse que le doux temps reviendrait un jour: au thermomètre (le temps était en effet tropical ce 12 juin), et aux tympans, Voulzy étant un peu beaucoup l’incarnation du tropicalisme français.

Laurent Voulzy, c’est le grand pote d’Alain Souchon. L’homme qui a mis en musique tant de succès de son inséparable ami, devenu un frère.

Voulzy-le-compositeur est un peu le négligé de cette relation binaire.

Mais voir Voulzy en solo rééquilibre la donne. En 50 ans de carrière, il en a accumulé des succès, et hier il a brillé par lui même sur la scène du Théâtre Maisonneuve.

Il a fait bien sûr toutes les chansons que j’attendais de lui.

Le rêve du pêcheur en ouverture, Le Cœur grenadine en milieu de show, Belle-Île-en-Mer Marie-Galante en rappel, et bien sûr Rockollection en fin de tour de chant avec tout le monde debout qui tape des mains et chante ‘’Un truc qui me colle encore au cœur et au corps’’!

Et entre ces pépites musicales, il enfile d’autres perles que personnellement je connaissais moins, mais que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir tant leurs styles différaient.

Il y a bien sûr l’hommage à la musique caribéenne de sa mère guadeloupéenne qui fait se déhancher le chanteur et danser la foule (Amélie Colbert), sa passion pour le genre celtique et écossais (Ma seule amour un texte du duc d’Orléans, du disque Lys and Love), ou des tounes nettement plus up-tempo où le volume sonore augmente et l’éclairagiste s’amuse avec tous les pitons de sa console.

Il y a aussi des reprises, celle The Captain of Her Heart du duo suisse Double, et un petit medley de chanson de Souchon (Allo maman bobo, J’ai 10 ans, Rame, Ultra moderne solitude) dont il est le compositeur, quand même!

Sur le mode de la conversation, il nous raconte d’ailleurs comment plusieurs collaborations avec Souchon sont nées (Karine Redinger, La fille d’avril, Le soleil donne, Le pouvoir des fleurs).

Il faut avouer que mis en commun, le talent de ces deux compères ne peut être qu’un gage de bons moments musicaux.

Voulzy, qui est un mélodiste avéré, doublé d’un talentueux guitariste, a le talent aussi de bien s’entourer.

Le spectacle d’hier aux Francos a été porté par un band du tonnerre.

Ils sont quatre autour du chanteur, mais ils sont tellement multitalentueux qu’on en a bien plus que pour quatre musiciens.

Michel Amsellem sort quantité de sons et de rythmes de ses claviers avec un enthousiasme juvénile qui contraste avec ses cheveux blancs. Olivier Brossard, à la basse, surprend par sa superbe voix. Karen Brunon ne se contente pas d’un instrument, elle nous épate au violon, à la guitare, à la harpe et aussi vocalement. Et le plus surprenant, c’est Médéric Bourgue, cheveux tout blanc également, il nous éblouit autant en manipulant avec énergie les baguettes à la batterie qu’en maniant l’archet de son violoncelle, que lorsqu’il joint sa voix aux harmonies vocales.

On a même eu droit à un duo avec Isaure Le Faou (la conjointe de Voulzy) pour la chanson Somerset Maugham, une autre perle du duo Souchon-Voulzy.

Bref, ce fut tout un spectacle, qui ne voulait plus finir.

Le chanteur de 77 ans nous a même fait Je reviendrai à Montréal, de son ami Robert Charlebois, en plus d’agiter à bout de bras, après plus de deux heures de show, le drapeau fleurdelisé du Québec avant de quitter la scène, manifestement à regret.

À mettre dans la liste des bons moments vécus en 37 ans de FrancoFolies, comme j’aime encore appeler cet événement si essentiel pour la chanson francophone, que j’ai vu naître en 1989!

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