
photo: Pierre Dury
Centre Pompidou: La bataille des couleurs
24-05-2026
Texte tiré de ma page FB du 24 mai 2026
(Publication écrite dans l’avion)
De retour, mais toujours la tête un peu là-bas, car je n’ai pas tout raconté ce que je j’ai vu.
Par exemple, lorsque je suis allé manger au restaurant Benoit dans le 4e arrondissement, j’en ai profité pour aller voir l’exposition gratuite que le musée Beaubourg propose pendant sa fermeture pour grands travaux, presque 50 ans après son inauguration.
Pas une mince tâche à rénover ce bâtiment à l’architecture toujours aussi inusitée.
Imaginez faire passer un tel projet dans la France du début des années 1970. Tout un combat pour les Renzo Piano, Richard Rogers et Obe Arup & Partners choisis par jury en 1971.
C’est d’ailleurs le titre de l’exposition: La Bataille des couleurs.
Leur proposition originale pour le bâtiment était un treillis métallique et une surface réfléchissante sans couleur que la lumière d’écrans teinterait.
Mais ce ne sera pas ça.
Le projet évolue lorsque les architectes ajoutent, en 1973, une palette chromatique à leur projet de building: bleu, brun et jaune canari!
L’exposition nous informe que chacun de leur côté les architectes avaient alors des bureaux colorés.
À Gênes, celui de Piano arbore le rouge. À Londres, Rogers a une maison et un cabinet qui mêlent le jaune, le vert, le fuschia et l’orange. Almodovar avant l’heure!
Le président Georges Pompidou, qui est le client ultime, est d’accord avec la proposition bleu-brun…..mais sans le jaune! Et il veut des nuances de bleu et de brun comme dans les lithographies de Georges Braque.
Nous sommes bien en France: des goûts et des couleurs, on discute!
Inspiré de Braque, fou de même!
Piano et Rogers ne lâchent pas le morceau. Ils rappliquent avec une énième proposition, plus précise, pour faire cheminer le projet.
Mais, coup d’éclat: Pompidou meurt en 1974.
Valéry Giscard-D’Estaing lui succède, et il n’a pas le même emballement pour ce musée d’art contemporain.
Je vous passe les passages à vide qui suivent, et les compromis proposés qui vont jusqu’à un musée bleu, bleu Matisse!
En 1975, c’est le grand coup, les architectes lancent l’idée de distinguer chaque réseau du bâtiment par une couleur: bleu clair pour l’air climatisé, jaune pour l’électricité, rouge pour la circulation du public et des biens, et vert pour l’eau.’’
Banco!
‘’En 1976, à la demande des pouvoirs publics, les cheminées d’aération, d’abord peintes en bleu, seront recouvertes de blanc pour s’harmoniser avec le paysage parisien.’’
Le musée d’art contemporain Georges-Pompidou est inauguré en 1977.
L’exposition donne à voir différents objets qu’on a prélevés du bâtiment avant le début les travaux. Cela montre à quel point le code des couleurs a été rigoureusement appliqué. On appelle cette partie, la matériauthèque du Centre Pompidou.
La rénovation sera faite, dit-on, dans le respect du projet de Renzo Piano et Richard Rogers. À sa réouverture en 2030, il sera quasiment inchangé à l’extérieur, mais largement reconfiguré à l’intérieur.
C’est à la firme d’architectes parisienne Moreau Kusunoki et au studio de design mexicain Frida Escobedo qu’incombent cette tâche.









