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Les Bozos 2.0
02-05-2026

!

Le 14 mai 1959, il y a 67 ans, Les Bozos (Clémence DesRochers, Hervé Brousseau, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Raymond Lévesque.) se produisent en avant-première pour les médias, dans un un lieu qu'ils ont baptisé Chez Bozo (en hommage à la chanson Bozo de Félic Leclerc). 

Ils obtiennent un succès immédiat et des critiques élogieuses. Le 1208 Crescent devient un lieu incontournable même pour les vedettes françaises de passage (Edith Piaf, Simone Signoret et Yves Montand).

 

Le trend est de laisser l'empreinte de sa main sur le ''mur d'honneur''.

 

La vie de Chez Bozo sera courte comme on le raconte sur le site du Répertoire du patrimoine culturel québécois:

''Des différends financiers avec le propriétaire amènent toutefois les Bozos à quitter définitivement leur domicile en février ou mars 1960. Malgré leur court passage et leur brève existence, les Bozos sont reconnus pour avoir profondément marqué l'histoire de la chanson québécoise, en contribuant notamment à faire du chansonnier une figure dominante de la scène musicale des années 1960, et à favoriser la prolifération soudaine des boîtes à chansons à travers le Québec.''

Ce mois-ci, la Maison des Bozos redevient un lieu de spectacle à l'initiative de Maxime Le Flaguais et Alexandre Leclerc.

Parfois, il suffit de pousser une porte….

Il faut que je vous raconte mon histoire avec ce Bozos 2.0.

Le 14 avril dernier, au hasard d’une marche autour de chez moi, je me retrouve sur la rue Crescent, et je remarque une maison un peu décrépite.

L’enseigne, qui annonce un commerce de fleurs, dit ‘’vivre avec des fleurs tous les jours’’, mais à l’évidence ce n’est pas là qu’on en trouvera ce jour, car le rez-de-chaussée est en travaux précise le permis de construction affiché dans la porte.

Mais que vois-je à côté de ce permis? Une photo réunissant Clémence, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque et Jacques Blanchet.

Ah ben! Ça parle au diable! c’est donc là, au 1208 Crescent, que se trouvait le cabaret des Bozos. Je me sens comme si j’avais trouvé une pépite d’or.

Je pousse la porte, et elle s’ouvre!

Il ne m’en faut pas plus pour que j’entre et monte l’escalier.

Je n’attends pas de permission et je prends des photos, si on me mets dehors, j’aurai déjà un début d’histoire.

Arrivé à l’étage, je demande s’il y a quelqu’un.

Pas de réponse.

Les lumières sont allumées, comme si on m’attendait.

Mais, personne, il n’y a personne.

Je prends donc d’autres photos dont celle d’un mur blanc sur lequel sont imprimées des empreintes de mains, celles de Clémence, Michel Rivard, et des membres du groupe Feu Chatterton*!

Tout ça est trop incroyable, et je file à l’anglaise.

En descendant l’escalier, je vois quelqu’un qui arrive. C’est un ami de Maxime Le Flaguais, un des deux acolytes derrière le projet de faire revivre Chez Bozos. Le visiteur a un rendez-vous, et voilà que le maître des lieux se pointe.

Je lui dis que j’ai pris des photos, il est un peu consterné.

Il faut savoir que ce projet est entouré de beaucoup de secret. Les nouvelles entourant cette renaissance d’un club mythique sont dévoilées au compte-goutte par le biais de primeurs accordées à des journalistes choisis pour leur impact.

Évidemment, je ne fais plus partie de ce club sélect des journalistes qui comptent.

En revenant à la maison, je reçois un appel de l’attachée de presse qui s’occupe de ce dossier. Elle m’implore de ne pas publier mes photos, car je ferais dérailler les exclusivités accordées.

Bon prince, j’accepte. Je n’ai rien à gagner à le faire.

Nous voilà donc samedi matin, Louis-Philippe Ouimet, mon ancien collègue de la salle des nouvelles, a diffusé son topo exclusif au TJ jeudi, et Mario Girard (qui avait eu la première primeur en décembre) revient sur le sujet ce matin.

En lisant comme il faut l’article de décembre de Mario Girard, je me tombe en bas de ma chaise. Ce lieu a été découvert par Alexandre Leclerc (le partenaire de Le Flaguais) en poussant une porte ….déverrouillée:

Extrait de l’article:

‘’Nous sommes au printemps dernier. Curieux d’en savoir davantage, Alexandre Leclerc pousse l’audace jusqu’à se rendre sur les lieux. C’est le soir. La porte n’est pas verrouillée. Il entre et emprunte le vieil escalier en bois toujours présent malgré l’usure du temps. En haut, il allume la lampe de poche de son cellulaire. « Mon regard a été attiré par trois empreintes de main sur un mur », me raconte-t-il.

Le jeune homme connaît très bien cette tradition qui avait cours Chez Bozo. Les invités de marque étaient invités à tremper une main dans la gouache avant de l’appliquer sur un mur.

 

« Who’s there ? » Le locataire des lieux surprend Alexandre Leclerc qui, malgré une tentative d’explications, se fait expulser sans vergogne.

Les deux amis décident de retourner sur les lieux. C’est le jour. La porte est verrouillée. Ils vont derrière. Et là, il se passe quelque chose d’absolument inouï. Un employé leur dit que le locataire est là et les attend. En fait, il y a méprise. On attend des entrepreneurs pour des rénovations au rez-de-chaussée. Alexandre et Maxime décident de jouer la comédie et pénètrent dans le bâtiment avec une seule idée en tête : monter à l’étage.

Et là, le fameux ''mur d'honneur'' s’offre à eux comme la chambre secrète d’une pyramide devant Indiana Jones.

Ils ont le souffle coupé.

 

« Pendant qu’Alex occupait le locataire, j’ai pris une cinquantaine de photos avec mon cellulaire », raconte Maxime Le Flaguais.

Outre les mains et les noms des cinq Bozos, on retrouve les griffes d’Édith Piaf, Yves Montand, Simone Signoret, Guy Béart, Pauline Julien, Alys Robi, Claude Gauthier, Marcel Dubé, Dyne Mousseau, Claude Dubois (encore ado), Louis Jourdan, Félix Leclerc, Denise Pelletier, Clairette et plusieurs autres.’’

 

Quelle histoire!

Le cabaret Les Bozos ouvre ses portes, (sous le nom Maison des Bozos) en mai avec une programmation époustouflante.

Les billets sont en vente à compter d’aujourd’hui.

* lors de son passage au Québec, le groupe Feu Chatterton! a donné un spectacle acoustique privé au Bozos!

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