top of page

Cinéma: Nina Roza de Geneviève Dulude-De Celles
04-05-2026

Le saviez-vous?

Il n’y a pas de joueur bulgare dans la LNH.

Le plus notable a été le gardien de but Alexandar Georgiev. Il a joué pour les Rangers, l’Avalanche, et été sous contrat avec les Sabres de Buffalo l’an dernier, mais il évolue maintenant pour le HK Spartak Moscou.

Comme tout le monde n’en a que pour le hockey, je dis ça pour attirer l’attention sur un film québécois qui se passe en Bulgarie, et qui est présentement à l’affiche.

Malgré son Lion d’argent à Berlin en février dernier, Nina Roza, de Geneviève Dulude-De Celles (Une colonie) sort trop confidentiellement à mon goût sur les écrans québécois.

Et pourtant c’est un magnifique et profond film sur une équation qui se présente de plus en plus souvent dans le monde: rester ou partir de son pays d’origine?

Dans Nina Roza, qui fait partie de la catégorie des films que je qualifie de multicouches, on suit Mihail, conservateur dans le milieu des arts, être poussé à retourner dans son pays d’origine, la Bulgarie, pour confirmer le talent d’une enfant artiste qui fait parler d’elle sur les réseaux sociaux depuis qu’une galériste italienne a flairé chez cette petite Nina un talent à exploiter, mais en la sortant de son milieu pour le faire évoluer à Rome ou Florence.

Il y a tant de choses à dire à partir de cette prémisse, d’autant que Mihail a lui même fuit son pays pour évoluer dans sa carrière en art visuel, emmenant sa fille Rose avec lui au Canada après la mort de sa femme.

Maintenant à l’âge adulte, et elle-même mère d’un enfant, la fille trentenaire de Mihail, québécoise d’origine bulgare, traverse une crise d’identité culturelle.

Mihail a donc entre les mains les destins de Nina et de Rose, et le sien à confronter lorsqu’il retourne dans ce pays à l’avenir précaire, si chaleureux, et plein de souvenirs pour lui.

C’est magnifiquement tourné, et formidablement joué par une distribution majoritairement bulgare, inconnue des Québécois.

Mais est-ce bien nécessaire d’avoir Claude Legault ou Guylaine Tremblay pour qu’un film québécois soit réussi? NON.

Nina Roza est comme un voyage. C’est dépaysant et ça nous ouvre sur un monde méconnu.

Je dois avouer que je ne connaissais rien à la Bulgarie avant de voir ce film, sauf le nom de la capitale, Sofia, et le souvenir lointain des Voix Bulgares, chorale de femmes que nous ont fait aimer Paul Simon, Kate Bush, George Harrison au fil des années 1970 et 1980, et le film Jésus de Montréal de Denys Arcand.

Il y a un peu de cette musique folklorique bulgare dans le film (et aussi une bande originale fabuleuse de Joseph Marchand).

En faisant des recherches sur ce pays, j’ai compris que le personnage de Mihail (très bien joué par Galin Stoev, quelle tête!), est un produit de son époque.

Il fut un temps, les jeunes quittaient la Bulgarie par manque d’avenir.

Bonne nouvelle, ‘’après avoir perdu plus d’1,5 million de ses concitoyens en trente ans, la Bulgarie a enregistré en 2025 plus de retours que de départs. À Plovdiv, deuxième ville du pays, on se félicite d’accueillir des Bulgares à la recherche d’une vie meilleure, de nombreuses sociétés étrangères et des étudiants dans les universités.’’

J’ai aussi découvert que la Bulgarie est passée à l’euro le 31 décembre dernier.

Le pays est devenu le 21e membre de l'Union européenne en 2007.

Mais comme rien n’est parfait dans ce bas monde, les Bulgares sont très divisés sur le sujet, dit la presse:

‘’Si le pays a répondu aux critères formels d’adhésion, (inflation, déficit budgétaire, emprunt à long terme et stabilité du taux de change), la Bulgarie est le pays le plus pauvre de l'UE et connaît une période d'instabilité. Le gouvernement, qui a essayé de faire passer à la va-vite le premier budget en euros, est accusé de corruption et a démissionné à la mi-décembre, au lendemain d'une manifestation de masse.’’

La population actuelle de la Bulgarie est de 6 437 360 habitants selon la Communauté Européenne, et la communauté bulgare du Québec se chiffrait autour de 10 000 personnes, en 2017.

Ceci dit, Nina Roza est à voir, et ne vous surprenez pas de voir des acteurs bulgares en nomination au 28e Gala Québec Cinéma.

Stoev (Bulgare établi en Belgique) mériterait d’être nommée, et les jumelles Sofia et Ekaterina Stanina, qui incarnent Nina, aussi.

Et pourquoi Geneviève Dulude-De Celles a-t-elle eu l’idée de faire une coproduction avec cet ex-pays de l’Europe de l’Est?

Cette explication donnée à Anne-Frédérique Hébert-Dolbec du journal

Le Devoir:

''Je pense que j’ai été marquée par l’expérience de la mobilité à deux vitesses lors de mon séjour en Roumanie, à 21 ans. Je donnais des cours de cinéma et de théâtre en parascolaire au lycée français de Bucarest. J’étais donc très proche de la communauté d’expatriés français. En même temps, je résidais dans une famille roumaine où la jeune fille qui avait mon âge rêvait juste de sacrer son camp de son pays. Je donnais également un cours sur la culture québécoise à des migrants qui s’apprêtaient à partir au Canada. Bref, j’étais moi-même au milieu de toutes ces trajectoires, auxquelles j’ai voulu donner vie à travers mon film.''

Extrait de Jésus de Montréal avec la musique des Voix bulgares
bottom of page