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Amadou et Mariam, le documentaire
06-07-2026

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Si ce film a un défaut, c’est probablement celui d’avoir des extraits de chansons trop courts. On conclut que c’est probablement une question de droits à payer.

Voici donc, en plus de la bande-0annonce, deux de leurs très rares vidéoclips:​ le nouveau L’amour à la folie, et leur tube planétaire Sabali:

Formidable ce documentaire Amadou et Mariam : Sons du Mali sur Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, couple de musiciens-chanteurs qui a fait rayonner le Mali à travers le monde.

En se rencontrant à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako en 1976, ces deux-là transforment leur destinée grâce à leurs voix et leur musique métissée.

Le documentaire raconte comment leur duo a d’abord ému les Maliens avec des chansons simples qui racontaient leur condition de personnes non-voyantes ostracisées par la société.

Amadou et Mariam ne sont pas des aveugles de naissance. Lui a perdu la vue à l’adolescence à cause d'une cataracte, elle, à la suite d’une rougeole contractée à 5 ans.

En regard des cas de rougeole qui font les manchettes ces jours-ci, ça fait peur d’entendre Mariam mettre la faute de son handicap sur le fait qu’il n’y avait pas de vaccin dans sa jeunesse. Nous en avons maintenant, ce serait bête de s’en passer.

Le film utilise différents procédés pour nous raconter l’histoire d’Amadou et Mariam: des reconstitutions (avec de jeunes aveugles d’aujourd’hui) pour les jeunes années, de l’animation, du super 8, beaucoup de matériel original, et des archives.

C’est fascinant de voir la fabrication, en Côte d’Ivoire, des premières cassettes du couple qu’on s’arrachait dans les marchés publics en Afrique.

On doit à un Français d’avoir flairé le potentiel de ce duo connu en Afrique sous le nom des Aveugles du Mali.

Ne voulant pas les réduire à leur handicap, la mise en marché en France s’est alors faite sous le nom qu’on connaît aujourd’hui: Amadou et Mariam.

 

C’est au festival Les Rencontres trans musicales de Rennes que leur carrière part en orbite à la fin des années 1990.

 

Amadou et Mariam ont déjà abordé la quarantaine quand la gloire leur tombe dessus, quand Manu Chao les conscrit pour le disque Un dimanche à Bamako, quand le groupe Coldplay leur demande de faire sa première partie.

Ils gardent la tête froide. Les verres fumés qu’ils portent, c’est bien avant d’être des stars de la sono mondiale.

Sur le sujet, le couple admet avoir été inspiré en cela par Ray Charles, Stevie Wonder et José Feliciano.

Bien qu’ils se soient établis à Montreuil en banlieue de Paris (une commune qu’on a baptisé le Petit Bamako en raison de ses 10 000 ressortissants maliens), Amadou et Mariam ont gardé un lien très fort avec leur pays d’origine où ils ont toujours leur maison.

Même si la tension politique est très grande au Mali, le documentairiste Ryan Marley a suivi ses deux sujets lors de déplacements à Bamako où le couple est allé se ressourcer au milieu de l’enregistrement de leur dernier disque. Cela nous vaut des scènes très touchantes dans lesquelles Mariam parle de l’amour qu’elle porte à son pays dont les dérives l’inquiètent au plus haut point.


À ses côtés, dans le film, Amadou ne perd jamais son sourire.
Il est mort de manière subite, à Bamako, le 4 avril 2025.

Le dernier disque du duo, intitulé L'amour à la folie, est sorti de manière posthume l’automne dernier.

En plus d’être une biographie musicale, ce documentaire est un beau film d’amour entre deux êtres fusionnels à cause de leur condition d’aveugles, de leur amour de la musique, de leurs trois enfants et leur ribambelle de petits-enfants, de leurs origines maliennes, de leurs langues, le bambara (la langue la plus parlée au Mali) et le français.

Étonnant qu’on doive ce bijou de film à un Canadien-anglais qui ne parle pas français. En tout cas, quand je suis sorti du Cinéma du Musée le 1er juillet, je me suis dit que le Canada peut bien s’enorgueillir d’une telle contribution au 7e art.

C’est un malien de beau film!

Dépêchez-vous à aller voir Amadou et Mariam : Sons du Mali, il pourrait ne pas demeurer à l’affiche longtemps.


Le saviez-vous? (moi non) le mot ‘Mali’’ signifie ‘’hippopotame’’ en langue bambara. L’hippopotame est un animal puissant et emblématique du fleuve Niger.

 

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