
photo: Pierre Dury
Espace Riopelle
21-10-2026

En ce 21 octobre 2026, alors que la Ville de Québec brille de tous ses feux d’automne, l’artiste québécois qui a probablement le mieux représenté les couleurs du pays, Jean Paul Riopelle, entre encore plus dans la légende.
Tout un pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec lui est consacré, ce qui en fait le premier artiste du Québec et du Canada à obtenir cet honneur. Et cela grâce à la grande générosité du mécène canadien Michael Audain qui a donné son nom au pavillon, et quelques autres généreux grands donateurs dont Pierre Lassonde, France Chrétien, André Desmarais, et une foule d’hommes et de femmes qui ont cru en ce projet un peu fou, mais finalement si évident maintenant qu’il est là.
L’écrin pour accueillir 131 de ses œuvres a été conçu par Les Architectures FABG. La firme montréalaise a créé un bâtiment à l’image de la vie de l’artiste de son œuvre. Le bois domine comme dans les ateliers de Sainte-Marguerite du lac Masson et de l’Île-aux-Grues. Le verre permet des ouvertures sur l’extérieur et la nature si chère au peintre, dans ce cas-ci les Plaines d’Abraham et le fleuve.
On a résolument évité de faire une boîte. Les volumes sont immenses. Il y a des courbes, des angles. Le lieu a son identité propre. Pas de rappel des édifices qui l’entourent, mais on aura jamais pu autant apprécier l’ancienne prison.
Mais évidement ce qui attirera les foules, ce sont les œuvres de Riopelle.
La sélection qui a été faite des différentes périodes de l’artiste nous fait passer d’un ouf à l’autre.
Les mosaïques m’ont personnellement causé une grande bouffée d’émotion.
Les œuvres, qui ont été restaurées, et qui bénéficient d’un éclairage qui rehausse magnifiquement les détails, témoignent de la grandeur de notre peintre national.
Jean-Luc Murray, le directeur général du MNBAQ, me disait que le musée a acheté la plus récente technologie en matière d’éclairage muséal.
Il n’est pas peu fier aussi de l’approche développée par ses équipes pour que le visiteur soit happée par les œuvres, que la réaction vienne de l’émotion avant de chercher à comprendre ce que l’artiste a voulu exprimer.
Ce pavillon Riopelle veut abolir l’idée que l’art n’est accessible qu’aux connaisseurs.
Bien sûr il y a des cartels explicatifs, mais ils sont discrets pour laisser toute la place aux œuvres et qu’elles nous éblouissent dans toute leur splendeur.
Il y a aussi une savante manière de mettre les œuvres en rapport les unes avec les autres ce qui donne parfois l’impression que certaines sculptures se sont échappées du cadre.
La visite s’achève dans l’apothéose au dernier étage avec L’Hommage à Rosa Luxemburg.
Comme il a été dit, le Musée de l’Orangerie à Paris a Les Nymphéas de Claude Monnet, Québec a l’équivalent de Riopelle.
Son triptyque de 40 mètres de long est désormais exposé de manière circulaire, sans vitre.
On peut l’admirer bien assis sur l’un des trois bancs en bois mis à la disposition du public alors qu’autrefois il a fallait l’observer en avançant du début vers la fin dans un long corridor souterrain qui reliait le pavillon d’accueil et le pavillon Lassonde.
Maintenant l’espace circulaire qui accueille L’hommage à Rosa Luxemburg débouche sur une spectaculaire terrasse extérieure où se trouve quelques sculptures issues de l’œuvre La Joute, fraîchement restaurée.
Il a également possibilité de sentir L’hommage à Rosa Luxembourg.
Francois Chartier, qu’on a connu comme sommelier, a travaillé pendant 4-5 ans à développer un parcours où il donne une odeur aux images créées par Riopelle.
Par exemple, des effluves de bois, de fumée, de whisky pour ce tableau où apparaissent des chandelles qui pourraient rappeler les soirées que Riopelle passait avec son ami Irlandais, Samuel Beckett.
Là aussi, j’ai une bouffée d’émotion tellement l’effet est réussi.
Il y a tant à dire encore sur ce nouveau joyau que la Ville de Québec a la chance d’accueillir, mais mon bus approche de la destination finale, Montréal, qui n’a pas ce musée Riopelle (oui je sais il faut en revenir).
Je m’arrête donc ici…et j’y reviendrai certainement un jour.
Ce lieu est à voir et à revoir….et c’est si beau Québec!




















