
photo: Pierre Dury
Le retour de Céline Dion sur scène à Paris
13-09-2026

Voilà, Céline est remontée sur scène. Ce qui a un jour semblé impossible, s’est fait.
Je n’étais pas sur place, donc je ne commenterai pas le spectacle comme tel, même si c’est la seule chose qui importe vraiment.
Je ne veux même pas me prononcer à partir des images que j’ai vues. Je ne peux pas juger d’un spectacle de plus de deux heures sur la base de reels qui circulent sur les réseaux sociaux (aussi bons soient-ils), même pas sur les images du Téléjournal.
Pour juger une performance de Céline Dion, il faut être dans la salle.
La voir bouger, entendre sa voix résonner. Prendre acte de tout ce qui l’entoure: musiciens, choristes, éclairages, décor, costumes.
Il faut feeler cette belle créature des Productions Feeling.
Son répertoire est si vaste que le choix qu’elle fait a un impact sur comment on recevra son spectacle selon qu’on la préfère quand elle chante en français ou en anglais, des ballades ou des chansons très rythmées.
La perception dépend aussi de l’endroit où on est assis. Les VIP des premières rangées qui n’ont pas payé leurs billets vibreront différemment de ceux qui ont cassé leur cochon pour être dans le ‘’pit en l’air’’.
Quand on est journaliste, en plus de ne pas à avoir à mettre sa main à la poche pour être là, on est payé pour critiquer!
Il y a aussi le rapport qu’on a avec la chanteuse. Ceux qui l’aiment à tout prix vont réagir inconditionnellement, au contraire, ses détracteurs n’y verront que du grain à moudre.
Céline est une intouchable ou un punching-bag (Dior ou Chanel?).
Le journaliste, qui ne devrait être ni fan ni détracteur, doit naviguer entre ces deux extrêmes.
J’avoue que dans ma carrière, Céline a été l’artiste la plus compliquée à suivre.
En lisant quelques papiers, vu quelques topos, il me revient en mémoire combien c’est ardu de faire le compte-rendu d’un show de Céline.
Il y a tellement d’éléments qui entrent en considération en dehors du spectacle lui-même.
Quelques exemples?
Les conditions de couverture, les multiples plateformes à servir, les heures de tombée, le décalage horaire, etc. Sans parler des coûts que notre présence sur place engendre. Il faut en donner pour son argent à notre employeur.
Et à la fin, il faut faire fi de tout ça pour écrire le plus honnêtement (je n’ai pas dit objectivement) ce qu’on a pensé de ce qu’on a vu.
Avec des mots qui sonnent, avec des mots qui restent, avec des mots qui auront un impact chez ceux qui les attendent à la maison, et peut-être dans l’entourage de la vedette.
Je salue ici le trait de génie de Raphaël Miro dans Le Devoir qui reprend la devise latine de la Ville de Paris pour émailler son texte.
‘’Comme pour remercier Paris de l’avoir accueillie, Céline Dion a donné corps à la devise latine de la capitale française : fluctuat nec mergitur ([le bateau] tangue mais ne se renverse pas).’’
Pour relativiser tout ce que vous lirez sur le spectacle de Céline à la Plenitude, permettez-moi de revenir sur la première de A New Day au Colosseum du Caesars Palace à Las Vegas.
Comme le show de Paris, ce spectacle était un défi insensé.
Remplir un théâtre de 4000 places plusieurs fois par semaine, sur une scène inclinée à 5,6 degrés, accompagnée de six musiciens, trois choristes et une troupe d’une cinquantaine de danseurs, dans une mise en scène qui empruntait beaucoup à l’esthétique du Cirque du Soleil, ce n’était pas gagné d’avance.
D’autant que la première a lieu alors que les États-Unis envahissent l’Irak. Nous sommes en mars 2003, même pas deux ans après les Attentats du World Trade Center. L’atmosphère est plombée.
Dans un tel contexte, que dire alors de ce spectacle forcément imparfait car c’est une affaire gigantesque qui n’en est qu’à ses débuts?
J’ai été dithyrambique, car c’était du grand Céline Dion, malgré une collègue journaliste qui tentait de me convaincre que Céline faisait du lyp-synch, et quelques incongruités qui ont disparus au fil du temps.
On a changé quelques costumes, elle a abandonné les cheveux courts bleechés, on a retiré le moment où elle s’envolait dans les airs en prenant soin d’enlever ses petits pichous aux pieds avant d’accomplir cet acte acrobatique.
J’imagine les discussions entre le gérant-mari Angélil et le metteur en scène Dragone, disciple de Magritte, ça devait tonner!
Mais le résultat des courses a confirmé les porteurs de dithyrambes, ce spectacle était un tour de force qu’il fallait voir sur place. Il a été vu par 3 millions de personnes pendant ses quatre années à l’affiche.
Quand le journal Libération fait sa une en disant que Céline enrichira la France grâce aux retombées de ses spectacles à la Plenitude, le quotidien parisien n’invente rien. C’est ce qui est arrivé à Las Vegas. La ville du jeu qui a été longtemps la grande gagnante du Celine Gros Lot doit beaucoup envier Paris aujourd’hui.
En plus de Céline, la Ville Lumière a à offrir à ses visiteurs une vraie Tour Eiffel.
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Permettez-moi un petit rappel!
Quel beau flash de la part de Céline d’inclure dans son tour de chant un air de La Wally que Maria Callas a chanté.
C’est un beau clin d’œil à une cantatrice à qui elle s’est beaucoup identifiée.
Moi, ça me ramène au film Diva de Jean-Jacques Beineix (1946-2022).
À sa sortie en France, en 1981, ce premier long métrage de Beineix est mal accueilli par la critique, boudé par les spectateurs.
En septembre 1981, il y a 45 ans, sa présentation au Festival des festivals de Toronto (aujourd’hui le tiff) change la donne. Diva obtient des réactions si positives de la presse et du public, que le film se transforme en un immense succès international.
Je m’en souviens, je m’installais à Toronto cet automne-là.
Et où réside le personnage de la Diva Cynthia Hawkins dans le film Diva?
À l’hôtel Royal Monceau!
Un autre cas de Toutte est dans Toutte.
À défaut de voir la Diva Québécoise à la Plenitude, je vais peut-être revoir le Diva de Beineix, et j’aurai mon bout de La Wally, sans boa.






