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Septembre 2001: le Québec a rendez-vous avec New York
08-09-2026

On ne peut pas réécrire l’Histoire, mais en ce 25e anniversaire de l’attaque contre les tours jumelles du World Trade Center de New York, je ne peux pas m’empêcher de me demander quels souvenirs on célébrerait, 25 ans plus tard, si l’événement Québec ! New York avait eu lieu.  D’autant plus que cet événement était en quelque sorte une grande célébration de nos liens économiques privilégiés avec notre voisin du Sud, la plus grande puissance mondiale. 

 

Ce rassemblement de talents québécois, le plus important jamais organisé à l’étranger, devait commencer le 13 septembre et se poursuivre jusqu’au 7 octobre 2001.

 

Remontons un peu dans le temps pour bien se rappeler comment est née cette idée de prendre d’assaut la métropole américaine pour y faire une grande démonstration de notre savoir-faire en culture, design, technologies, nanotechnologies, gastronomie, affaires, capital de risque, tourisme.

 

Après Le Printemps du Québec à Paris en 1999, le premier ministre Bouchard a proposé une entreprise de séduction semblable aux États-Unis: un automne du Québec à New York.

 

Le Gouvernement a remis l’organisation de cette manifestation entre les mains d’un organisme indépendant qu’on a joliment nommé le Bureau des saisons dirigé par le commissaire Michel Létourneau bien connu pour avoir été le directeur général du Festival d'été de Québec.

 

En novembre 2000, on annonce le logo de l’événement: Québec ! New York.

Le point d’exclamation, qui remplace le trait d’union, c’est la promesse que ce sera …surprenant!

 

Et ce le sera en effet quand on découvre la programmation six mois plus tard. L’évènement mobilisera 500 artistes, 200 techniciens, 300 représentants d’entreprises québécoises, 200 dirigeants du secteur public et privé.

 

Québec veut frapper un grand coup, et il sait que cette mission repose sur du solide, l’État de New York étant son principal partenaire commercial, avec 8 milliards d’échanges de biens et services qui traversent la frontière entre le Québec et l’État de New York (plus que l’Europe et l’Asie réunis).

 

Alors que 25 ans plus tard Trump nous fait des misères, c’est surréaliste  de lire l’énumération qu’on fait de nos liens avec nos voisins new-yorkais.

 

Dans le programme, on insiste sur le fait que l’entreprise québécoise Bombardier manufacture un tiers des voitures du métro de New York, que la moitié des jets qui assurent les vols régionaux à partir de New York sont fabriqués au Québec, que l’écran de la Bourse Nasdaq à Time Square est une technologie de la québécoise Saco Smartvision.

 

Une petite dernière que je n’ai jamais oubliée: un habit pour homme sur cinq portés à Wall Street est fabriqué au Québec. 

 

Inutile de dire qu’avec des chiffres pareils, le ministre des Finances du Québec, Bernard Landry, devenu premier ministre le 8 mars 2001, se mue en ardent défenseur du libre-échange avec les États-Unis. C'est une évidence, cet indépendantiste de la première heure préfère le commerce Nord-Sud, au commerce Est-Ouest.

 

L’idée de lancer cette vitrine québécoise à Québec par une expédition de voiliers qui rejoindra Manhattan en empruntant le fleuve Saint-Laurent, le lac Champlain et le fleuve Hudson a tout pour lui plaire.

 

L’avion c’est beau, ça permet de se rendre en une heure, mais des voiliers aux couleurs du Québec qui font la fête à chaque escale, ça fait de belles images et ça crée des liens.

 

À bord des bateaux, il y a des artistes de toutes disciplines qui, lorsqu’ils débarquent à Plattsburgh (10 au 12 août), Fort Edward (17 au 19 août) Albany (23 au 25 août ), Troy (26 au 28 août ) Kingston (31 août au 3 septembre), et Peekskill (7 au 9 septembre) en mettent plein la vue aux Américains qui les accueillent avec enthousiasme. 

 

Parmi les artistes qui assurent l’animation, il y a entre autres l’accordéoniste Steve Normandin, le collectif Farine orpheline, le conteur Brian Perreault, les concepteurs de la Symphonie portuaire, cet événement très couru dans le Vieux-Montréal qui propose un concert de musique faite avec des sirènes de bateau, des cornes de brume, et de klaxons! 

 

En ce qui me concerne, c’est exactement au moment où la flottille arrive à Peekskill que je débarque dans l’univers de Québec ! New York.

 

Le 7 septembre 2001, mon patron, Jacques Auger, responsable des affectations des journalistes, me demande de rester à New York. Après l’effervescence entourant le spectacle de Mickael Jackson que j’avais rapportée la veille, il souhaite qu’on fasse une cueillette en vue d’un reportage sur cette vitrine québécoise qui commence le 13 à New York pour plus d’un mois.

 

Excellent réflexe d’utiliser des ressources déjà sur place, mais franchement qu’on ait pas eu l’idée de faire ça avant illustre bien le manque d’intérêt de nos décideurs quand il s’agit de culture.

 

Nous voilà donc, mon cameraman, André Grégoire, et moi, chargé d’une mission encore une fois pas évidente.

 

On ne connaît rien de cet événement, c’est la fin de semaine, la canicule perdure à New York, on doit changer d’hôtel, notre seul outil de travail c’est notre téléphone portable, mais pas intelligent. 

 

Par où commencer?

 

On me faxe à l’hôtel le programme, une brique, qu’il faut éplucher, et, Dieu merci, il y a le nom d’un contact qui nous aidera à y voir plus clair en plus de nous ouvrir toutes les portes.  

 

Cette personne, c’est Rémy Charest, directeur des relations publiques et du multimédia au Bureau des saisons, ancien journaliste du Voir et du Devoir.

Une fois en contact avec lui tout devient en effet plus fluide.

 

L’évènement a établi son quartier général à l’hôtel Embassy Suites, voisin du World Financial Centre (WFC), lui même voisin du World Trade Center (WTC). Le site est baptisé Québec Downtown. 

 

Le fait que les activités gratuites soient concentrées en un lieu limite nos déplacements et facilite notre cueillette du dimanche.

 

En prime, le site est très payant visuellement.

Quand on arrive, il y a déjà une armée de mannequins postés devant l’hôtel et à tous les étages. 

 

La scène, où les spectacles gratuits seront présentés, est montée dans le Winter Garden du WFC. Très impressionnant de voir, parmi les palmiers géants, des bannières sur lesquelles on peut lire les mots de Félix Leclerc et Daniel Bélanger….en français svp.

 

Surprenant de voir Nicolas Reeves monter sa harpe à nuages, qui ressemble à une petite cabane de bois, sur le bord de la rivière Hudson, au pied des majestueuses tours du WTC. Son étrange instrument crée de la musique en utilisant le mouvement des nuages dans le ciel.

 

Et que dire du pont piétonnier qui relie le WTC au WFC? Le North Bridge est drapé d’une bannière sur laquelle est inscrite l’adresse internet de l’événement: quebecnewyork.com. Je vous rappelle que nous en sommes aux premiers balbutiements du web. L'effet est bluffant! 

 

Sur place, c’est une ruche. De nombreux Québécois dépêchés dans la Grosse Pomme s’activent.

 

Il y en a qui montent les installations techniques, d’autres installent le décor, et il y a ceux qui accrochent les œuvres des expositions prévues, comme Marc Choko, le directeur du Centre de design de l’UQAM venu présenter le résultat du travail de son équipe portant sur la manière dont le Québec est en train de donner une nouvelle vie à ses quartiers historiques de Québec et Montréal. L’expo s’intitule Le Nouveau Montréal.

 

Je suis ébahi de voir le choix des photo d’archives de Montréal qu’on a fait. 

Incroyable la ressemblance entre Montréal et New York lorsqu’elles étaient les deux grandes métropoles d’Amérique. Des villes jumelles! 

 

Claude Gosselin, du Centre international d’art contemporain, est présent aussi. Il a concocté une expo intitulée Growth and Risk. Parmi les artistes qu’il a choisi de présenter aux new-yorkais, il y a entre autres Michel Goulet, Jocelyne Alloucherie, Claude Simard, Stephen Schofield, Gilles Mihalcean (ces deux derniers ont des œuvres aujourd’hui dans le Quartier des spectacles).

Étonnamment, la proposition que je connais le plus est celle d’un jeune artiste originaire de Québec, Jérôme Fortin. En août, je l’avais entendu raconter sa résidence à New York dans un excellent reportage de Catherine Pépin à l’émission Macadam tribus de la radio de Radio-Canada.

 

Cette émission, qui donnait une tribune à ceux qui n’en n’ont pas, était animée par le regretté Jacques Bertrand (1953-2014), le seul animateur à m’avoir un jour invité à parler de mon expérience à New York sur les ondes de la radio nationale.

 

Je te salue Jacques: Ha Hama!, comme tu disais. 

 

Je reviens à l’immense scène qui se dresse au milieu du Winter Garden du WFC. L’entreprise montréalaise Solotech n’a pas lésiné sur le nombre de pièces d’équipement envoyées à Manhattan. C’est exactement le même genre d’installation qu’on voit dans nos grands festivals d’été au Québec. 

 

Le nombre d’artistes qui doivent se produire sur cette scène, du 13 septembre au 7 octobre, est stupéfiant.

Impossible de les nommer tous. 

 

Retenons quand même que c’est Luck Mervil (inoubliable Clopin dans la comédie musicale Notre-Dame de Paris de Cocciante-Plamondon) qui doit animer le spectacle d’ouverture Follow the footsteps, auquel prendra part notamment le pianiste Alain Lefebvre et des artistes du Cirque du Soleil.

 

Les spectacles qui suivront dans le mois permettront aux new-yorkais de voir la diversité de ce qui se fait en musique: la sensation de l’heure, Jorane, l’ensemble Tuyo, Susie Arioli et Bob Walsh ont chacun leur soirée.

 

En jazz instrumental , on a réuni en un programme baptisé Les Trois Trios, les trios de François Bourassa, Jean Beaudet, et François Carrier.

On a prévu une soirée de musique traditionnelle avec la Bottine souriante, on est Québécois ou on l’est pas.

 

Mais les programmateurs ayant aussi une fine conscience du Québec en ce début de nouveau millénaire, ils incluent dans leur offre de spectacles des artistes autochtones, et une soirée Québec Métissages. 

 

Le chef d’orchestre et directeur musical de cette soirée est DJ Ram, connu à la ville sous le nom de Ramachandra Borcar. Ce Montréalais qui a des origines indienne par son père et danoise par sa mère, vient de signer la musique du film Un crabe dans la tête d’André Turpin. On lui doit aujourd’hui l’indémodable indicatif musical de l’émission Tout le monde en parle. 

 

Il s’ingénie dans son line-up à démonter que le Québec est aussi une terre d’immigrants qui viennent du Maghreb, de l’Afrique, de l’Asie, du continent indien, d’Amérique latine, et que ce métissage influence le son de la musique québécoise.

 

Les new-yorkais vont aussi découvrir que le Québec est une terre accueillante pour le tango depuis que le bandeoniste d’origine uruguayenne Romulo Larrea, installé à Montréal, a inoculé  la passion du tango aux Québécois. L’Ensemble Romulo Larrea doit donner au Winter Garden, son spectacle Hommage à Astor Piazzola le 2 octobre.

 

Plusieurs grands organismes culturels se sont associés à l’événement Québec ! New York pour accueillir des spectacles en dehors du site officiel, le fameux Québec Downtown.

Et pas les moindres: le Lincoln Center, le Public Theater, le Joyce Theater, The Kitchen, le New York Museum of Contemporary Art.

 

La locomotive de cette série de spectacles payants, la production qui fait le plus jaser, c’est Zulu Time de Robert Lepage. L’homme de théâtre a déjà une grande réputation à l’international, en plus il a Peter Gabriel comme collaborateur sur ce projet.

Oh! Disons que le cabaret technologique de Lepage a aussi un thème qui pique la curiosité. L’oeuvre est construite ‘’autour des 26 lettres de l'alphabet aéronautique (de Alpha à Zulu), chaque lettre correspondant à un tableau explorant les thèmes de la mondialisation, des voyages, des aéroports, des collisions culturelles et de la (mauvaise) communication à l'ère moderne.’’

 

La danse, art universel, a une place de choix dans la programmation.

Marie Chouinard, O Vertigo de Ginette Laurin, Système D de Dominique Porte, José Navas sont quelques-uns des chorégraphes attendus avec leurs danseurs.

 

Je pourrais parler aussi des volets littérature, technologie, cinéma, mais il faut faire des choix, surtout abréger.

 

D’ailleurs lorsqu’il nous accorde une entrevue le dimanche 9 septembre, au pied du World Trade Center, devant la bannière de son événement, Rémy Charest nous suggère d’y aller avec des images fortes plutôt que de tomber dans l’énumération fastidieuse.

 

Aussi, il insiste pour que nous revenions le lendemain pour prendre des images des hordes de travailleurs qui émergent du réseau ferroviaire PATH et empruntent le North Bridge. Ce sera du meilleur effet d’autant que les fenêtres de la passerelle seront tapissées d’images de sites touristiques québécois dans les belles couleurs de l’automne.

 

Il ajoute cette phrase qui devient prophétique:

 

‘’Il y a tellement de choses qui se passent à New York, tellement de compétition, tellement de bruit qu’il n’est pas garanti d’avance qu’on va faire parler de nous.’’

 

À 8:30 le 10 septembre au matin nous sommes là. Effectivement, il y a beaucoup de travailleurs. Ceux qu’on interroge ont remarqué que ‘’Quebec is up there!’’.

 

Il y a quelque chose du petit village gaulois qui veut se faire remarquer du géant.

 

Je me mets alors en tête de faire un stand-up sur la rivière Hudson avec les tours en arrière-plan. Allons prendre le traversier pour Staten Island!

 

Hum! Fausse bonne idée, car il faudra marcher beaucoup pour se rendre au quai, l’équipement est lourd, il fait très chaud, et tout ça, aller-retour en bateau, prend beaucoup du temps, qu’on a pas.

 

On le fait pareil. Juste à voir l’état de ma chemisette orange à l’écran ça dit qu’on n’était plus frais frais André et moi. On sourit quand même pour la photo souvenir prise après un gros orage qui contribue à nettoyer le temps, comme on dit. Ce qui nous donnera le lendemain, le plus beau des ciels bleus.

 

De retour sur la terre ferme, direction Broadway pour rencontrer le propriétaire de la Westwood Gallery qui se fait une joie de présenter ce qui se fait de mieux dans les métiers d’art québécois, parce qu’on a aussi pensé à ce créneau extrêmement populaire aux États-Unis.

 

Notre marathon du 10 septembre se termine au Roseland Ballroom, sur la 52e Rue, pour interviewer Michel Bernatchez, l’indispensable directeur technique de Robert Lepage chez Ex Machina.

 

Autour de nous, ça bourdonne d’activités, l’équipe d’Ex Machina monte la complexe scénographie de Zulu Time. Il n’y a pas une seconde à perdre….le compte à rebours est enclenché. Le spectacle doit prendre l’affiche le 21 septembre, jusqu’au au 9 octobre.

 

Le temps commence à être compté pour nous aussi. Il reste à peine 24 heures avant notre départ de New York, et je n’ai pas encore booké les entrevues pour aborder le fait que la cuisine du Québec sera à l’honneur dans une dizaine de grands restaurants de la ville pendant le mois à venir. 

Les chefs Jean-Pierre Curtat du Casino de Montréal et Jean Hanchay du Casino de Hull ont contribué à l’élaboration de ces menus à la québécoise. 

 

Je n’aurai jamais eu le temps de compléter ce tournage, le destin en a décidé autrement.

 

À 8:46, le mardi 11-Septembre, le cours de l’histoire bascule, exactement à l’endroit où je me trouvais 24 heures plus tôt.

 

Tous ces artistes et techniciens conscrits pour mettre le Québec sur la carte se trouvent au cœur du chaos.

 

Dans ma première intervention en ondes, à 9:12, j’évoque la présence de nombreux Québécois au pied du World Trade Centre éventré. On n’appelle pas encore l’œil de ce cyclone terroriste Ground Zero.

 

Impossible de les rejoindre, les circuits téléphoniques sont surchargés, et quand la tour Nord tombe emportant avec elle sa gigantesque antenne, la communication devient juste impossible. 

 

Plus tard, j’essayerai d’avoir des nouvelles des Québécois à New York par la Sécurité publique du Québec, mais c’est silence radio dans la Vieille Capitale.

 

Ce n’est que le lendemain, une fois que tout le monde aura donné signe de vie, que je pourrai avoir un entretien avec la Déléguée générale du Québec à New York, Diane Whilelmy, trop heureuse de pouvoir me dire que tout son monde va bien.

 

Les Québécois dépêchés à New York pour la préparation de cette grande vitrine culturelle seront rapatriés par des autobus escortés de policiers de la Sûreté du Québec pour assurer leur ex filtration d’un pays désormais en guerre.

 

Il y a eu une place dans le bus pour mon cameraman André. L’entrée de sa mère à l’urgence pour une opération au cœur a précipité son retour.

 

Quant à moi, journaliste sans sa moitié, je ne suis plus utile à grand chose, d’autant que des collègues sont arrivés en renfort, notamment les journalistes Maxence Bilodeau et Claude Frigon, et l’animateur de RDI, Louis Lemieux avec d’importants moyens techniques.

 

Je souviens que la veille de mon retour à Montréal, je suis allé manger des sushis à proximité du périmètre de sécurité.

Je m’étais attablé à une terrasse déserte. J’ai finalement compris pourquoi il n’y avait personne. L’odeur de fin du monde et les particules fines en suspension n’invitaient pas à rester dehors.

 

Le vendredi, j’ai quitté New York avec Daniel, un autre caméraman qu’on rapatriait à Montréal.

 

Il était 5 heures du matin quand nous avons pris la route.

Il faisait noir et frais, il pleuvait.

Les clignotants de la camionnette ne fonctionnaient plus, une catastrophe pour changer de voie. 

Pour la première fois, j’ai eu peur de mourir.

D’autant que je n’ai pu être d’aucune aide pour mon collègue chauffeur.

Et pour cause, quand il m’a donné la carte routière pour le guider, j’ai réalisé que ma vue ne me permettait plus de lire les petits caractères.

 

Je porte des lunettes depuis lors! 

 

Quand je suis arrivé à Montréal, je suis allé chercher fiston à l’école, pour aussitôt retourné au bureau donner une entrevue à Raymond Saint-Pierre, alors animateur du Montréal Ce Soir.

 

Une autre fois, il me faudra bien raconter mon après 11-Septembre qui se prolonge depuis maintenant 25 ans.

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