
photo: Pierre Dury
Retour à Chansons pour un café
30-09-2023

On le dit souvent, il n’y a rien comme une vieille chanson pour nous ramener à notre jeunesse. Imaginez plus d’une douzaine en même temps!
Le 6 octobre, Gilles Valiquette sort Retour à Chansons pour un café, une relecture du disque qui l’a fait connaître il y a 50 ans.
Écouter cet album m’a ramené à mon adolescence. J’ai retrouvé mes 15 ans.
Je vous jure, toutes les paroles me revenaient comme si c’était hier.
Quelle belle journée, Viens me voir demain, Tout est mieux là-haut, n’est-ce pas? Dis-lui bonjour, etc., les textes des chansons de ce premier vinyle de Gilles Valiquette étaient simples et colportaient une philosophie bienveillante sur de magnifiques accords de guitare.
La voix de ce jeune troubadour débutant était apaisante.
Je comprends aujourd’hui pourquoi mon adolescence n’a pas été trop tourmentée. Cette année-là, les offrandes de Valiquette et celles de ses contemporains (Les Séguin, Jim et Bertrand, Harmonium, Beau Dommage, Véronique Sanson…) ont certainement fait un bon pli sur mon caractère.
Et en 1973, j’avais une bonne raison de fredonner Quelle belle journée, quelle fraîche matinée, quelle joie de te rencontrer ou Chacun de nous a besoin d’un amour sans pareil, 73 c’est l’année où j’ai rencontré ma blonde (et nous sommes toujours ensemble).
Il y a 50 ans, je n’ai pas été le seul à succomber à l’effet Valiquette. Le disque Chansons pour un café a été un des premiers de cette nouvelle génération d’artistes à atteindre les 50 000 exemplaires vendus et obtenir le statut de disque d’or.
Je suis toujours un peu inquiet quand un artiste veut refaire une nouvelle version de ses succès. Je crains de ne pas retrouver le ton, l’intention, la couleur du jet initial. Eh bien ici, la relecture que Gilles Valiquette fait de ses chansons pour un café est un sans-faute.
C’est exactement le même esprit qui règne de bout en bout avec en prime des apparitions d’amis du chanteur qu’on aime. Richard Séguin, Marie-Claire Séguin, Jacques Michel prêtent leurs voix. Daniel Lavoie, Louis Valois, Normand Brathwaite, Patrick Normand l’accompagnent respectivement au piano, à la basse, aux percussions, et à la guitare.
Voilà un enregistrement qui s’écoute avec bonheur d’autant que la qualité de l’enregistrement, en version numérique, est impeccable. Si vous êtes demeuré un adepte de la table tournante, un coffret anniversaire sera disponible comprenant un CD, un vinyle, des démos inédits et un livret dans lequel Gilles Valiquette raconte l’histoire de ce disque devenu un classique.
En passant, Valiquette est un excellent conteur qui ne manque pas d’anecdotes comme on a pu le constater lors de son animation de l’émission La Chaîne musicale sur Ici Musique.
J’y ai appris plein de choses fascinantes à propos de sa carrière, notamment qu’il a contribué à faire découvrir Véronique Sanson aux Québécois, qu’il a accompagné Céline Dion en tournée, qu’il a fait une version disco de sa chanson Samedi soir.
On peut écouter cette série en rattrapage sur ODhio.
Une entrevue inédite avec Jean Paul Riopelle a fait son apparition le jour de l’inauguration de l’Espace Riopelle à Québec.
Et il s’avère que c’est l’entretien que j’avais eu avec lui le vendredi 11 octobre 1991 au Bateau ivre de L’Isle-aux-Grues.
Je croyais cette entrevue disparue à jamais, car les Archives de Radio-Canada ne l’avait ni dans ses voûtes, ni dans son système d’archives numérisées.
Et pour cause, c’est moi qui l’avait en ma possession sans le savoir!
C’est en fouillant dans mes archives personnelles, en prévision du 25e anniversaire des Attentats du 11-Septembre, que j’ai retrouvé la cassette Betacam de ce tournage.
J’ai évidemment remis cette précieuse entrevue au service des archives de Radio-Canada qui l’a mise en ligne sur ses différentes plateformes.
Ce n’est pas un moment flamboyant de télévision comme ont été les entrevues de Raymond Saint-Pierre en 1994, celle de Robert-Guy Scully en 1990 ou encore celle de Wilfrid Lemoine en 1968 à l’émission Le Sel de la semaine (qu’on peut revoir intégralement à l’Espace Riopelle).
Dans mon cas, nous avons tourné à une seule caméra, et on ne me voit pas poser les questions, car selon la description syndicale de mon poste de chroniqueur de l’époque, je ne pouvais être vu à l’écran posant des questions. Il n’y avait que les employés permanents du service de l’information ou les animateurs vedettes qui avaient ce droit.
N’empêche, ma réalisatrice de l’époque, Denise Tardif, avait convaincu nos supérieurs qu’on se déplace avec une équipe complète.
En plus d’elle et moi qui étions du voyage, il y avait Pierre Maheux à la caméra, Marc Doiron au son, et l’assistante à la réalisation Guylaine Philie.
Le rendez-vous avec Riopelle avait été pris avec sa femme Huguette Vachon. C’est Stéphane Aquin, actuel directeur général du Musée des beaux-arts de Montréal, qui m’avait mis en contact avec elle.
À l’époque, Stéphane Aquin collaborait à l’inauguration du pavillon Jean-Noël Desmarais du MBAM qui ouvrait ses portes avec une grande exposition Riopelle mettant en vedette ses tableaux récents, sa nouvelle période des oies.
Le nouvel édifice du Musée des beaux-arts de Montréal, signé Moshe Safdie, est inauguré le 21 novembre 1991.
Il a été rendu possible grâce au mécène de l’heure, Paul Desmarais, qui choisit de donner le nom de son père au pavillon.
35 ans plus tard, c’est au tour de Québec de célébrer l’œuvre de Jean Paul Riopelle dans espace pérenne qui lui est totalement consacré.