Deux jours, une nuit

24-05-14

Le film Deux jours, une nuit des frères Dardenne avec Marion Cotillard est sorti en salle en France le lendemain de sa présentation au Festival de Cannes. Je l'ai vu.

Le film Deux jours, une nuit nous amène au cœur d’une problématique toute contemporaine. 

 

Le poste de Sandra est aboli.  La petite équipe dont elle fait partie à l’usine de panneaux solaires Solwal à Liège en Belgique, s’est tellement bien partagé sa tâche pendant son congé de maladie pour cause de burn out, que la direction considère qu’on peut désormais faire sans elle. Sa mise à pied permet de verser aux quinze employés restant une prime de mille euros.

 

Le titre du film des frères Dardenne fait référence au temps que leur personnage principal a pour convaincre ses collègues de travail de changer cette décision par la tenue d’un nouveau vote. Secret celui-là.

 

Deux jours, une nuit n’est pas un film glamour. On est, comme toujours avec les frères Dardenne, dans le social. Il y avait un risque avec leur proposition. La démarche de Sandra pour convaincre des travailleurs de renoncer à leur boni pour qu’elle sauve sa job, aurait pu être répétitive. Comme la chanson du Roi, sa femme et le petit prince venus chez-moi pour me serrer la pince.

 

Mais le talent des Dardenne c’est d’offrir une réponse différente à chaque plaidoyer de Sandra. L’un ne veut pas renoncer à sa prime parce qu’il n’y a qu’un salaire qui rentre, l’autre parce que l’argent est déjà dépensé pour une nouvelle terrasse.  Les réalisateurs ne jugent pas les motifs mais, comme spectateur, on est interpellé par le dilemme: solidaire ou individualiste? Qu’est-ce que je ferais dans la même situation?

 

Le film repose sur les épaules de Marion Cotillard. Elle incarne avec brio ce personnage de  femme épuisée et fragile qui doit se battre pour sauver son travail. La présence d’acteurs peu connus de nous ajoute au réalisme de ce film austère mais néanmoins remuant.

 

Je n’ai vu aucun autre film de la compétition à Cannes mais il est de calibre pour les grands honneurs.