
photo: Pierre Dury
Calder à la Fondation Vuitton
01-06-2026

Cet été la Fondation Louis Vuitton consacre tout son formidable musée à un artiste américain qui, au début de sa carrière, s’est épanoui sous le ciel de Paris.
Je parle d’Alexander Calder.
Il y a deux raisons temporelles d’offrir cet honneur à Calder.
On célèbre cette année le centenaire de son installation dans la Ville Lumière où il fait la rencontre de l’élite artistique internationale du moment (Picasso, Mondrian, Arp, Klee), et le cinquantième anniversaire de sa mort survenue en novembre 1976 alors qu’il a 78 ans et qu’il est encore actif.
Sa productivité, voilà ce qui saute aux yeux en parcourant tous les étages du musée. On peut voir au-delà de 300 oeuvres sur un parcours chronologique, occupant plus de 3000 m2.
Ceux qui ont vu l’excellente exposition présentée au Musée des beaux-arts de Montréal en 2019 partent avantagés.
À Montréal, on avait bien cerné le personnage, ses débuts marqués par un intérêt pour le monde du cirque, son habilité à créer des univers avec un fil de fer, sa peinture abstraite, ses constructions suspendues qui tiennent dans un équilibre jamais précaire, ses fameux mobiles, et leurs versions ancrées dans le sol, baptisés stabile par l'artiste et poète Jean Arp pour désigner ces sculptures, souvent géantes.
L’œuvre Trois Disques créée pour Expo 67, et qu’on a toujours la chance d’avoir à Montréal, appartient à cette catégorie.
Il y a plusieurs photos de ce monument dans l’exposition, ce qui prouve bien son importance dans le parcours de Calder.
Évidemment, avec 300 œuvres exposées, on peut aller dans le détail de chaque période de l’artiste.
Avec son fil de fer, il recréait toutes sortes de personnages, certains connus. On peut notamment voir une Joséphine Baker.
L’influence que le cirque a eue sur le travail de Calder est très bien représentée aussi.
Mais en plus, j’ai été ravi de voir que l’artiste s’est aussi intéressé, à la même étape de sa vie, aux Six-jours de vélo, des courses sur bécanes qui attiraient des foules dans les années 1930 à New York, Boston, Chicago, ainsi qu’au Forum de Montréal.
L’exposition donne à voir une multitude d’œuvres suspendues.
Il faut féliciter la Fondation Louis Vuitton pour la qualité de l’éclairage qui met autant en valeur l’œuvre comme telle que les ombres portées.
Après tout le travail de Calder dépasse l’objet, il embrasse également les notions de mouvement, de réflexion, de gravité, de positif et de négatif.
On sort du bateau à voile de Frank Gehry un peu repu, et en quittant, c’est l’image de deux œuvres monumentales exposées sur ses pelouses qu’on emporte avec nous. Le rouge et le noir en stabile,
Black Flag, qui date de 1974, suggère le mouvement, la liberté et l'énergie pure plutôt que de représenter un objet précis.
Five Swords, d’un rouge pétant, a été réalisée l’année de son décès, en 1976.
On dit de cette dernière, qu’elle est l'aboutissement de ses recherches sur l'abstraction à grande échelle.


















