TOM À LA FERME: Attention, tension

29-03-2014

Un film de Xavier Dolan, ça ne laisse jamais indifférent. Son plus récent,

Tom à la ferme, encore davantage que les trois précédents.

 

Ce film est une adaptation d'une pièce de Michel-Marc Bouchard créée au théâtre d'Aujourd'hui en janvier 2011. À l'époque, j'avais trouvé que le texte manquait de simplicité et que les personnages avaient un côté loufoque qui nuisait au drame qui se jouait sur scène.

 

Dolan et Bouchard, qui ont écrit le scénario pour le cinéma ensemble,  ont resserré l'histoire et l'ont transformée en un thriller implacable.

 

Dès les premières images on est happé par le climat toxique qui règne sur cette ferme où Tom débarque pour assister aux funérailles de son chum. 

 

Pour survivre dans cette maison, le mensonge est la seule échappatoire. La tension qui naît des malentendus, des inventions et des non-dits sera ininterrompue jusqu'à la fin car il y a un bourreau qui vit sous ce toit.

 

Tom à la ferme est servi par une distribution remarquable. Le casting est parfait. Toujours sur  le fil du couteau, Xavier Dolan offre, dans le rôle de Tom, une prestation remarquable face à un Pierre-Yves Cardinal, redoutable dans la peau du frère du défunt. On ne sait jamais jusqu'où ira cet homme dominé par sa mère et animé d'une violence sourde.

 

Lise Roy, qui était de la création de la pièce au théâtre, reprend le rôle de la mère. Le personnage, mieux défini, lui procure l'occasion de briller au grand écran. On devrait revoir cette actrice au cinéma, elle crève l'écran.

 

Au moment où l'histoire commence à tourner un petit peu en rond, Evelyne Brochu surgit, ce qui tend de nouveau l'intrigue.

 

Manuel Tadros apparaît de nouveau dans le film de son fils. Plus qu'un caméo cette fois, c'est par son personnage de barman qu'on apprend un des secrets qui pèse sur cette famille.

 

La musique est aussi un personnage. Elle contribue à accentuer notre inconfort devant ce qui se passe. Dolan a pu compter sur un maître: Gabriel Yared. Yared a été compositeur entre autre de la musique de 37,2 le matin que je tiens pour une des meilleures bandes son du cinéma français.

 

Ajoutez à ça, la signature artistique et dynamique du directeur photo André Turpin et ça vous donne un film tout ce qu'il y a de plus québécois mais de calibre international.

 

J'ai souvent reproché des choses à Xavier Dolan. Ici, je salue sa réussite totale. Vraiment un talent à part.