LE CAPITAL, quand Costa-Gavras s'attaque aux banques

Le 12 février 2014, Costa-Gavras aura 81 ans. Le réalisateur de Z, L'Aveu, État de siège, Amen, des films marquants du cinéma, tourne encore. Son plus récent prend l'affiche en fin de semaine ( le 31 janvier).

Le film Le Capital est inspiré d'un roman de Stéphane Osmont paru en 2004. 

Dans Le Capital, Gad Elmaleh incarne Tourneuil, un jeune loup de la finance qui se retrouve à la tête d'une grande banque européenne à la suite d'une entourloupette du fondateur obligé de céder sa place.

 

Cette nomination suscite doute, jalousie, suspicion mais la haute direction et les actionnaires doivent faire avec le nouvel élu qui a une ambition dévorante et des méthodes tranchantes pour arriver à ses fins.

 

Avec un rythme soutenu, le film nous montre les méthodes répugnantes et les jeux de passe-passe pas toujours légaux des banques pour augmenter leurs profits. Ça nous donne idée de la manière dont fonctionne ce milieu aussi occulte que la mafia.

 

Le Capital aurait certainement eu une portée différente avec un acteur moins typé que Gad Elmaleh. La sympathie naturelle qu'on a pour cet humoriste fait que pendant une bonne partie du film, on ne sait pas trop sur quel pied danser. On a vraiment l'impression que dans le fond, il travaille pour nous, que ses actions sont pour prouver à la face du monde que ce système est pourri. Mais non, Tourneuil est un vrai loup.

 

En passant, vous verrez à quoi ça ressemble un président qui peine à résister à ses pulsions sexuelles malgré un emploi du temps chargé et des responsabilités immenses.

 

A l'époque de Z, L'aveu ou  État de siège,  Costa-Gavras dénonçait le pouvoir abusif des dictatures de manière frontale. Dans Le capital, l'approche est plus cynique. On sort donc du film plus désabusé qu'indigné.

 

Sa tirade, d'une heure 53 minutes, demeure cependant un bon placement pour l'amateur de cinéma d'idées.